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Les Vacances hors de portée !

La saison estivale débute et avec elle la période tant attendu des vacances d’été, pour l’occasion Avant-Garde se penche sur la question brûlante, mais malheureusement trop souvent délaissée du fameux “Droit aux Vacances”.

Mais dites donc le droit aux vacances, c’est quoi exactement ?

Le droit aux vacances, c’est avoir la possibilité de partir au moins une fois par an en vacances en famille ou pour les enfants et les ados par exemple, de pouvoir partir en colonie, il a été reconnu en 1998 comme un droit fondamental dans la loi de lutte contre l’exclusion.
Les vacances ce n’est pas un luxe ! C’est un droit au même titre que l’accès au sport, aux loisirs ou à la culture. Aujourd’hui l’on estime qu’1 Français sur 2 ne part pas en vacances, du côté des mineurs, ce sont 3 millions d’entre eux qui se verront une fois de plus privés de séjours. Alors que la crise frappe de plein fouet les couches populaires déjà régulièrement oubliées, cet été s’annonce encore sombre pour nombre d’entre eux.
Qu’il s’agisse des familles privées d’une partie de leurs revenus du fait des périodes de chômage partiel ou encore de ces jeunes, étudiants ou travailleurs précaires, qui n’ont ni pu mettre de côté de quoi partir cet été, ni eu le loisir de se passer de jobs d’été.
Alors, les inégalités déjà présentes vont encore davantage se creuser entre la population déjà durement touchée par les conséquences économiques de la crise Covid et les autres. Ce droit, qui devrait être collectif et égalitaire, dépend aujourd’hui totalement de l’individu.

Ceux qui se battent pour les vacances

Et si le droit aux vacances devrait être une préoccupation nationale, il s’agit aujourd’hui d’un sujet pris à bras-le-corps bien plus souvent à des échelles locales que ce qui ne devrait l’être.
Aujourd’hui bon nombre de jeunes et de familles partent en vacances, par le biais de dispositifs mis en place par les municipalités, à l’image des Villes de Montreuil en Seine-Saint-Denis, de Vénissieux dans le Rhône ou encore de Martigues dans les Bouches-du-Rhône qui mènent une véritable politique de droit aux vacances en faisant partir aussi bien les jeunes de leurs municipalités respectives que les familles selon leurs moyens.
C’est le cas de nombreux comités d’entreprise qui remplissent leur rôle social et font partir en colonies de vacances les enfants des salariés en fonction des moyens des familles et sortent les jeunes de leur quotidien vers plein de découvertes. Des comités largement attaqués par le patronat et le gouvernement ces dernières années qui refusent aux salariés le droit d’organiser ce qui est bon à leur développement, soit en réduisant le nombre de leurs représentants syndicaux, soit en empêchant la création d’un CSE ou en favorisant le clientélisme plutôt que la culture, le sport et les vacances.
Tout comme le font les associations comme le Secours populaire ou des organisations comme le PCF ou le MJCF, qui organisent chaque année des journées à la mer ou de courts séjours pendant les saisons hivernales et estivales.
Alors même que les sources de financement pour chacune de ces entités se voient faiblir d’année en année, elles font chacune le choix d’allouer des budgets conséquents à cet enjeu qui n’aura jamais été aussi prégnant qu’en la période pour permettre à tout un chacun de pouvoir entrevoir pour quelques heures ou quelques jours ces oasis, loin des galères et des préoccupations quotidiennes qui les rongent, que sont les vacances. Tout simplement un peu de dépaysement.
Oui, les vacances doivent être un droit ! Les jeunes, les salariés, leurs familles doivent bénéficier de loisirs, de culture, de sport, de vacances, car, comme le disait le dessinateur Wolinski : “Rien n’est trop beau pour la classe ouvrière !”