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A LA UNE Éducation

L’Université va craquer

Alors que les  étudiants et les étudiantes ne sont pas épargnées par la crise économique qui touche de plein fouet les jeunes, la situation sanitaire met en lumière le désengagement de l’Etat dans le service public de l’Enseignement supérieur et la recherche ses dernières années. 

La précarité étudiante plus que jamais d’actualité 

Pour nombre d’étudiants et d’étudiantes, la rentrée universitaire, et plus largement leur année d’étude, se fait sous le signe de l’incertitude. 

Aujourd’hui, près d’un quart d’entre elles et eux vit sous le seuil de pauvreté. Cette situation est d’autant plus alarmante, que nombre d’étudiants et d’étudiantes se sont vu priver de leur unique source de revenu cet été. A cette perte d’emploi estival s’ajoute une augmentation de 3% du coût de la vie étudiante pour la troisième année consécutive :  loyer, nourriture, frais d’inscription et masques désormais, les postes de dépenses sont élevés pour nombre d’étudiants et d’étudiantes. 

La précarité étudiante déjà dénoncée à plusieurs reprises ces dernières années et particulièrement l’année dernière, ne semble pas inquiéter le Gouvernement qui a fait le choix de mettre en place des mesures pansement, avec notamment la mise en place des repas Crous à 1€ pour les boursiers et les boursières. 

La galère du logement 

Alors même que la rentrée universitaire s’est déjà effectuée dans nombre d’établissements, des milliers d’étudiants et d’étudiantes peinent à trouver un logement pour l’année à venir.  

Avec un parc locatif du CROUS, aujourd’hui en tension avec seulement 170 000 logements pour plus de 2,7 millions d’étudiants et d’étudiantes, des milliers d’entre eux se trouvent dans l’obligation de se tourner vers d’autres solutions. A savoir, le parc locatif privé, avec des prix beaucoup trop élevés, des locations de logement loin de la ville dans laquelle se trouve l’université… 

La saturation des universités et l’impossible distanciation sociale 

La rentrée universitaire est aussi marquée par la crise sanitaire. Avec le Covid-19 toujours en circulation, les universités ont dû s’adapter afin de pouvoir mettre en place des mesures de distanciations sociales. 

Si certains établissements ont fait le choix de maintenir des cours en présentiel d’autres ont adopté des solutions hybrides. Les emplois du temps des élèves sont aussi éparses que les formules qui ont été trouvées à savoir : des cours en présentiel / distanciel une semaine sur deux ; un siège sur deux condamnés dans les amphithéâtres entraînant des cours en distanciel sur le même contenu de cours pour la moitié de la promo… Ces disparités suivant les établissements et dans les promotions entraîne des inégalités dans les conditions d’études sur l’ensemble du territoire. 

Alors que de nombreux foyers de contamination ont été découverts cette semaine dans une dizaine d’universités, comme à Rennes ou Montpellier,  Frédérique Vidal Ministre de l’Enseignement Supérieur et la Recherche a annoncé que c’était aux étudiants et aux étudiantes de prendre leur responsabilité. 

Or, les masques obligatoires qui ne sont pas fournis gratuitement alors même que les étudiants et les étudiantes sont particulièrement  touché·e·s par la crise économique, les amphithéâtres surchargés à l’image des universités de Lille, Toulouse, Reims, Amiens, Rennes et bien d’autres témoignent que ce n’est pas du fait des élèves si le virus circule activement mais bien de celle d’un désengagement de l’Etat. 

La loi LRU adoptée il y a plus de 10 ans fixe une autonomie des universités dans leur budget, mettant en concurrence les établissements entre eux et justifiant une baisse du budget alloué à l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

Le Gouvernement qui met en place la sélection à l’entrée de la fac avec Parcoursup pour contrer cette situation d’engorgement est une nouvelle fois mis face à ses contradictions avec la Crise du Covid-19…  C’est bien l’autonomie des universités et le manque de moyens qui entraînent une saturation des établissements.