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Vivre ensemble

Avec Macron pas de renouveau sur la politique anti-migrant

Refusant de se donner les moyens de mettre en oeuvre le droit d’asile, le gouvernement fait examiner aujourd’hui une loi pour enfermer des migrants en dehors de toute décision judiciaire. Pendant ce temps, plusieurs locaux universitaires sont utilisés pour héberger des demandeurs d’asile à la rue.

Règlement de Dublin

Le texte de loi présenté aujourd’hui vise tout particulièrement les « dublinés » ces demandeurs d’asile obligés de faire une demande de le premier pays de l’espace Schengen dans lequel ils sont arrivés. Le règlement prévoit que les pays dans lequel le migrant a demandé l’asile doit instruire la demande et subvenir aux besoins du migrant.

Dans les faits, il est illégal d’être présent dans l’espace Schengen, sans être ressortissant d’un pays membre, ou d’avoir un passeport et éventuellement le visa nécessaire. Les migrants arrivés dans l’Union Européenne sont donc contraints d’effectuer une demande d’asile dans le premier pays où ils sont arrêtés. Généralement le pays d’arrivée.

L’Italie, la Grèce et l’Espagne qui de par leur situation géographique sont en première ligne, alors que bien souvent les migrants souhaitent rejoindre un autre pays membre. Afin d’afficher des chiffres importants de reconduites aux frontières, la France expulse très souvent des « dublinés » vers le pays dans lequel ils ont fait une demande d’asile. Mesure bien vaine, et essentiellement vexatoire,  puisqu’il reviennent quelques jours plus tard.

Arrêter et expulser

Afin de gonfler encore davantage ces chiffres d’expulsions. La proposition de loi soumise par un député constructif sur demande du gouvernement vise à ce que les demandeurs d’asile puisse être automatiquement détenus.

Cette pratique déjà utilisée a été déclarée assez logiquement illégale par la cours de cassation qui notait que le risque de fuite n’était pas avéré. Avec cette loi qui a toutes les chances d’être votée massivement, le gouvernement sécurise juridiquement des pratiques moralement inacceptables.

Ainsi tous ces migrants qui ont été contraints de déposer des demandes d’asiles dans des pays dans lesquels ils ne veulent pas vivre, et qui n’ont pas les moyens de leur fournir des conditions d’accueil dignes, pourront être détenus en France, jusqu’à leur expulsion. Le président Macron poursuit ainsi l’absurde et inhumaine politique de ses prédécesseurs en la matière.

Une politique migratoire inhumaine

Cette loi tombe d’autant plus mal que depuis quelques semaines, les occupations de locaux universitaires pour héberger des migrants se multiplient en France. A Lyon, Grenoble et Nantes, des associations ont installé des migrants, pour certains demandeurs d’asile dont l’Etat n’assure pas l’hébergement.

Si les décisions d’expulsions sont déjà tombées ou ne devraient pas tarder, ces mobilisations mettent en évidence l’inhumanité des politiques migratoires françaises. Alors que le président de la République multiplie les initiatives pour décourager les départs de migrants et organiser leur retour indépendamment de la situation de leur pays, déclarant à Ouagadougou que ces migrants « n’ont aucune chance d’obtenir le droit d’asile ».

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde