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Jupiter foudroyé

Après un été marqué par des annonces de mesures austéritaires déconnectés de toute réalité, l’exécutif enregistre une spectaculaire chute de popularité. Difficile pourtant d’être surpris par ces annonces tant elles transpiraient dans le programme du président.

La brutalité des décisions de coupes budgétaires, de l’armée aux emplois aidés en passant par les APL illustre tristement l’absurdité des logiques conduisant à ces décisions. Le dogmatisme budgétaire ne laisse aucune place aux décisions sensés. Le Président a beau décrire “une connerie sans nom” à propos de la baisse des APL, la “connerie” est moins dans le mesure que dans la logique y conduisant.

Le discours du Président s’est totalement effondré à la lumière de ces premiers arbitrages budgétaires. Comment expliquer que baisser l’ensemble des APL d’un même montant permettrait de “libérer le pays” ? La suppression brutale et sans concertation des emplois aidés, c’est cela son “prooojet” ? Couper des budgets au milieu de l’année, c’est ça le renouveau de la politique ?

La chute de popularité qui s’en est suivi est encore plus violente que celles connues par ses prédécesseurs. Sans faire des sondages d’opinions, des baromètres précis de la situation politique du pays, leurs évolutions montrent un vrai problème institutionnel. La Ve république, après avoir permis l’élection d’un président minoritaire dotée d’une majorité absolu à l’Assemblée Nationale le fait payer chèrement à l’occupant du palais de l’Elysée.

Il n’est plus possible comme il l’espérait de se masquer derrière un premier ministre. Après avoir jouer et surjouer de l’hyperpersonnalisation de sa candidature et de son élection, il subi celle des décisions gouvernementales.

Il ne faudrait pas pour autant voir dans ce ressac de popularité une quelconque victoire. M. Macron conserve la présidence et une majorité absolu à l’Assemblée Nationale, il reste persuadé d’avoir un mandat pour s’attaquer aux droits des travailleurs. Alors le 12, tous dans la rue contre les ordonnances et rendez-vous les 15, 16 et 17 au grand rassemblement populaire qu’est la fête de l’Humanité.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde