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FRANCE Social-Eco

Macron reçoit les louanges du FMI

Dans une note rendue publique hier, le FMI congratule le président Macron pour des réformes envisagées. L’institution, apôtre du libéralisme, vient tranquillement s’ingérer dans le débat public français.

« Le nouveau gouvernement mène avec résolution un programme économique ambitieux afin de rendre l’économie française plus dynamique et ses finances publiques soutenables. »

Le FMI

Le Fond Monétaire International est une institution qui vient donner ses conseils éclairés en matière de casse sociale aux Etats que les spéculateurs ont mis à genoux. Il est dirigé par Christine Lagarde, ancienne ministre de l’économie française sous Sarkozy, qui s’était particulièrement illustrée pour son arbitrage en faveur de Bernard Tapie.

Cette institution s’est notamment fait connaître récemment en Europe pour son rôle dans la destruction de l’économie grecque. En plus de son rôle de vautour libéral, cette institution se permet de commenter les politiques des états. La conclusion de sa mission de consultation pour la France en 2017 est pour le moins surprenante.

Parce qu’il est certainement plus facile de se féliciter de promesse que de constater l’inefficacité de ses propres recommandations, le FMI tient à saluer en tous points les mesures promises par Macron.

Une conclusion dans le vide

Il n’est guère surprenant que le FMI soit sur la même ligne que celle du président de la République. L’un comme l’autre fondent l’ensemble de leurs réflexions sur les dogmes de l’économie libérale. L’un comme l’autre sont issus des rangs des capitalistes et ont pour mission la défense de leurs intérêts.

Il n’est pas surprenant que le FMI ne cherche pas particulièrement à s’appuyer sur la réalité, sur la matière, pour tirer des conclusions. Une telle méthodologie invaliderait une bonne partie de son action. Il faut parfois conserver ses oeillères pour conserver le moral. Il est toutefois surprenant de rédiger un texte en dehors de toute réalité, à moins de faire de la poésie. La qualité poétique du texte du FMI semble toutefois bien basse.

Les quatre points principaux de la conclusion sont identifié par le FMI comme :

« L’ambitieux programme de réformes du gouvernement pourrait fortement contribuer à résoudre les défis économiques auxquels la France se heurte de longue date »

« L’importance accordée à la réduction des dépenses publiques, est appropriée »

« La stratégie de réforme du marché du travail est vaste et ambitieuse »

« Les réformes projetées dans les domaines de la fiscalité des entreprises, des revenus du capital et du travail devraient stimuler l’investissement et la croissance de l’emploi. »

« L’importance accordée » aux fait ne semble pas « appropriée » dans ce rapport qui a semble-t-il renoncé à une analyse « vaste et ambitieuse » de la situation économique du pays. Par soucis de prudence, le conditionnel était toutefois de sortie.

Une soupe libérale

Le reste du texte reprend point par point le programme du président de la République. A moins que M. Macron ait repris point par point les recommandations du FMI ?

Toutes les mesures annoncées par le président sont saluées dans cette conclusion dont on a du mal à percevoir l’intérêt. Ce satisfecit vire dans certains passages au grotesque quand il vient jusqu’à féliciter le gouvernement de la procédure législative employée.

« Pour améliorer la dynamique du marché du travail, le gouvernement agit rapidement pour que soit adopté par ordonnances en septembre un important paquet de réformes du marché du travail. »

Le FMI n’oublie pas de donner quelques conseils :

« Pour accompagner la croissance de l’emploi et de la compétitivité, il sera vital de maintenir la modération salariale. »

Sa directrice était pourtant rémunérée plus de 550 000 dollars par an net d’impôt en 2011.

La vrai passion du FMI n’est toutefois pas la dérégulation de l’emploi, c’est l’équilibre budgétaire et donc par extension l’austérité. Pour une institution intégralement dépendante de contributions étatiques, on ne peut s’empêcher d’admirer sa constance à réclamer une diminution des dépenses publiques.  Ce qui lui permet d’affirmer que :

« La trajectoire graduelle d’assainissement budgétaire proposée par le gouvernement est appropriée ; »

En la matière, ils ne se montrent pas spécialement originaux et manquent sincèrement d’imagination.

« La masse salariale relativement lourde pourrait être réduite en diminuant le nombre d’agents de la fonction publique dans les secteurs non prioritaires et en réformant la grille des salaires à différents échelons et dans les différentes fonctions. »

Il ne reste plus qu’à déterminer quels sont les secteurs non prioritaires.

Le seul intérêt de ce rapport semble d’avoir permis à l’ensemble des rédactions de titrer que le FMI était d’accord avec le président de la République. Il ne reste plus qu’à déterminer où est l’ambition et le courage à aller dans le sens du capital.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde