Rédaction | Avant Garde
EDITO

Macron rend l’ISF !

Suite à la mobilisation des gilets jaunes et à la forte contestation contre suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), Macron avait annoncé la création d’un comité en charge du suivi de cette réforme. Le dit-comité a publié son premier rapport le 1er octobre. Ce qui ressort de ce premier rapport, c’est que la suppression de l’ISF n’aurait servi qu’aux 5 % des ménages les plus riches et n’auraient pas eu les effets annoncés par le Président de la République. 

Emmanuel Macron justifie cette mesure par le retour en France d’investisseurs qui aurait fuit la pression fiscale du pays ou encore l’incitation à l’investissement dans les entreprises par rapport aux placements immobiliers, qui sont eux toujours imposés. C’est la fameuse théorie du ruissellement : en donnant plus aux riches ceux-ci le rendront à l’économie et donc à toute la société française. Ce que démontre le rapport, c’est que cette mesure n’a pas du tout eu l’effet escompté. Il n’y a pas eu plus d’investissement en France depuis la suppression de l’ISF. Les auteurs se gardent toutefois de condamner la mesure estimant n’avoir pas encore le recul nécessaire pour l’évaluer. Le “coût” de cette suppression a été en revanche lui estimé à 3 milliards d’euros, pour l’instant sans résultat.

Cette mesure a uniquement permis aux ménages les plus riches de s’engraisser toujours plus sur le dos des travailleurs. Macron a donc retiré 3 milliards d’euros de recette au budget de l’Etat pour les donner directement aux plus riches. Ainsi, cet argent, qui servait à financer le service public, a disparu au profit des foyers les plus riches, sans qu’il n’y ait eu aucune contrepartie. Ce qui ressemble à s’y méprendre à un cadeau à un électorat peu nombreux, mais influent et particulièrement acquis au Président.

Le poids de cette mesure est moins important en terme financier qu’en terme symbolique. L’ISF était loin de représenter une part conséquente des ressources de l’Etat. Cependant, sa suppression s’est faite en même temps qu’une baisse des APL. On peut également rappeler que le Président de la République a critiqué des aides sociales qui représentent un “pognon de dingue”. Dans ce contexte de volonté d’équilibre des comptes publics qui prend principalement la forme de réduction de la dépense publique à destination des moins fortunés, l’ISF est devenu le symbole d’une politique uniquement en faveur des plus riches. Ce rapport, pourtant pas critique, ne soutient aucun des arguments déployés par la République en marche en faveur de la suppression de cet impôt. Depuis le début de son quinquennat, les plus grosses richesses du pays ont progressé de 22 % quand le pouvoir d’achat de l’immense majorité des Français n’a pas beaucoup augmenté.

Emmanuel Macron se voit une fois de plus confronté à l’image qu’il renvoie. Il n’est pas le président de tous les Français, mais bien celui des plus riches. Les arguments avancés par le président pour supprimer cet impôt ne tiennent plus, par conséquent Macron doit prendre ses responsabilités et réinstaurer l’ISF.