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CULTURE

« Ouvrir la voix » d’Amandine Gay pour la libération de la parole des femmes noires

Amandine Gay nous offre à travers  son premier film, un documentaire militant, riche de témoignages, au travers du portrait de 24 femmes Françaises et Belges «afrodescendantes».

La bataille de l’autofinancement

Non retenue dans le programme d’aide à la réalisation du CNC (centre national du cinéma), l’aventure d’Amandine pour réaliser son film a débuté par le biais d’un financement personnel, et participatif qui lui a permis de lever 17.000 euros de fonds supplémentaires.

Elle invite devant  sa caméra, des femmes issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles. Elles prennent tour à tour la parole, sans autres fioritures que leurs récits.

L’invitation par les réseaux sociaux

Les femmes qui témoignent dans ce film ont répondu à l’appel d’Amandine sur twitter, l’engouement qui a participé à la réalisation de ce long métrage, a été étonnant pour la toute jeune réalisatrice. Elle a rencontré en quelques semaines une cinquantaine de femmes qui ont accepté de livrer leur témoignage.

Survolant au travers d’un questionnaire, diverses thématiques telles que l’enfance, l’éducation, les idéaux de beauté, la sexualité, la religion… Elle pointe l’état actuel du racisme dans notre société, ainsi que ces diverses facettes.

Le format particulier de ce film exposant uniquement le visage de ces témoins, n’engendre aucune lassitude. Bien au contraire les mots de ces femmes sont saisissants, leurs récits énoncent des faits pour lesquels nous pouvions penser qu’ils  avaient disparu.

Les témoignages

Dans la crainte de la discrimination à l’embauche, nombreuses sont celles à témoigner, de la superficialité qu’elle s’attribue au moment de passer un entretien. Ainsi que des moqueries vécues après avoir été embauchée. Une de ces femmes rapporte l’expérience qu’elle a vécue, après avoir arboré fièrement une coiffure, qu’elle considérait alors comme l’une des plus belles. Elle reçut une critique violente de son employeur. Sur le ton de la moquerie, il a alors essayé de lui démontrer la nostalgie qu’elle produisait  face à cette coiffe, qui de son regard évoquait uniquement les femmes noires, esclaves, travaillant dans les champs de coton.

Pour celle qui est entrée dans un établissement scolaire, où être blanc est la norme. Elle note la violence d’avoir découvert qu’elle était  noire. Cette expérience, elle l’a vécue au travers des discriminations. Là où elle évoque que dans sa cité, les enfants se désignent par ethnie en jeu. Dans ce lycée, elle était réduite comme étant la noire. Dans leurs contextes familiaux, toutes marquent les propos de leurs proches qui n’ont cessé de leurs énoncer que puisqu’elles étaient noires, elles se devaient d’en faire deux fois plus que les autres.

L’accessibilité

Les milieux militants qu’Amandine Gay côtoient lui ont fait prendre conscience, qu’il était  nécessaire que chacun·ne puisse avoir accès aux divers évènements. C’est pour cela qu’elle a souhaité ajouter à son film, un sous-titrage en Français.

D’autant qu’elle considère ce geste trop peu présent dans le cinéma français aujourd’hui, elle espère ainsi participer également à cette démocratisation. Elle poursuit cette initiative en invitant des interprètes de la langue des signes dans les projections/débats.