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Éducation

Parcoursup : après le bac, les lycéens toujours dans l’attente

Depuis l’ouverture de la phase d’admission de Parcoursup le 2 juin 2022, près de 75 000 lycéens n’ont eu aucune proposition d’admission pour la rentrée prochaine. Le premier jour, seulement la moitié des lycéens ont eu une proposition d’admission. Comme les vœux ne sont pas hiérarchisés, la proposition reçue peut ne pas être une formation réellement souhaitée par le candidat et peut devenir une option par défaut plus qu’une vocation. Cela mène souvent à une entrée difficile dans les études supérieures. 

Le 28 juin, 73 822 lycéens attendent toujours une formation pour septembre, une situation vectrice d’une grande incertitude. De plus, l’algorithme de sélection est plus qu’opaque et laisse les futurs bacheliers et les professeurs dans le flou.

Inégalité et angoisse 

La phase d’admission de Parcoursup commençant avant les résultats du bac, ce sont les notes de contrôle continu qui comptent. Celles-ci dépendent de chaque établissement. La sélection en fonction du dossier scolaire a intensifié la ségrégation scolaire, selon l’Insee. 

Tous les candidats ne sont pas à égalité face à l’attente et au stress. L’absence d’une réponse rapide et satisfaisante provoque souvent un stress important, c’est ce que soulève un sondage de l’IPSOS de 2021 dans lequel 82 % des lycéens interrogés jugent la plateforme « stressante » et 61 % estiment qu’elle est injuste et inégalitaire. 

Myriane, lycéenne rennaise en filière ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) témoigne 

« Parcoursup est devenu bien plus stressant que le bac au final, même avec une bonne moyenne on n’est pas sûr d’être pris. C’est au petit bonheur la chance ». 

Le côté casino est couplé à la sensation de froideur d’être face à une machine. « Toujours la même interrogation : qu’est ce que veut le robot, pour que je puisse accéder au métier que je veux », confie Myriane.

Opacité

La question reste sans réponse par opacité autour de l’algorithme. Les professeurs n’en savent souvent pas beaucoup plus que les lycéens qui n’ont que très peu de temps dédié à l’orientation. 

L’opacité de la plateforme donne une dimension aléatoire et arbitraire à la sélection. Selon Myriane, une amie à qui elle avait mis des recettes de gâteau à la place de sa lettre de motivation a été acceptée. Même si l’anecdote peut prêter à sourire, elle n’en reste pas moins inquiétante sur les critères de sélection. Les refus sont bien souvent donnés sans motif, ils sont d’autant plus frustrants. 

L’orientation dans la précipitation

De plus, Parcoursup ne laisse pas le temps à la réflexion. 3 jours, c’est le délai pour rendre une réponse en sachant qu’un seul vœu peut être réservé. Comme tant d’autres, Myriane a eu 3 jours pour décider si elle devait accepter une formation qui lui plait, mais qui est à 200 km de son domicile. Une décision qui ne peut pas être prise dans un temps aussi court. Elle n’est n’est pas sûre d’avoir une formation qui lui plait et qui soit plus proche.

La sélection algorithmique effectuée par Parcoursup n’est qu’une machine à inégalité. Elle prive une grande partie de la jeunesse d’une possibilité d’accès à l’enseignement supérieur. Il y a près de 120 000 personnes inscrites sur Parcoursup (lycéens, étudiants en demande de réorientation et candidats scolarisés à l’étranger) qui n’ont toujours pas de formation pour l’année prochaine. 

Pour que jeunesse se fasse, l’émancipation doit être au centre de l’orientation !