Rédaction | Avant Garde
EDITO

Parcoursup : la sélection sociale frappe une nouvelle fois à l’entrée de l’université

La phase d’admission de Parcoursup vient tout juste de se terminer. Tout comme lors des deux précédentes éditions, des dizaines de milliers de candidats se retrouvent sans qu’aucun de leur voeux n’ait été acceptés. 

Un jour avant la clôture de cette phase, il y avait dores et déjà 21 000 candidats de plus se retrouvant sans aucune formation par rapport à l’année dernière. A ces 21 000 candidats nous pouvons également ajouter les 40 000 qui ont déjà quitté la plateforme. 

En plus d’un nombre de candidats sans affectation en hausse, la sélection sociale risque de s’accroître.   

Et pour cause, l’édition de cette année revêt un caractère particulier. Comme l’ensemble de la société, l’Education Nationale a été ébranlée par l’arrivée du coronavirus. L’ensemble des activités ont été suspendues jusqu’à la fin du mois de juin. Toutes, à l’exception d’une seule : Parcoursup. 

Malgré des conditions extraordinaires, le calendrier de la plateforme de sélection à l’entrée de l’université n’a pas été modifié. Le maintien de cette plateforme est d’autant plus injuste que, cette année, les candidats devaient réaliser une lettre de motivation et un CV pour l’ensemble de leurs voeux. 

L’inégal accès au numérique et l’absence d’accompagnement pendant le confinement ont créé une différence de plus entre les candidats. 

Alors que les éditions des années précédentes avaient déjà instauré une forme de sélection sociale à l’entrée de l’université, les conditions particulières dans lesquelles s’est déroulé le nouveau processus risque d’aggraver ce phénomène. 

Cela n’ira pas en s’arrangeant. Jean-Michel Blanquer a déjà vanté les mérites de l’école à distance. Mais surtout les prochaines éditions du baccalauréat vont perdre le caractère national au profit d’un bac en contrôle continu propre à chaque établissement. 

La destruction du caractère national du baccalauréat couplé à la sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur va avoir des conséquences désastreuses. Le critère du lycée d’origine sera une variable d’ajustement déterminante pour trier les bons des mauvais dossiers. La sélection sociale à l’entrée de l’enseignement supérieur n’est pas prête de prendre fin.