Capture d'écran Parcoursup
Éducation

Parcoursup, le ministère bug

Le 16 mai, au matin, des dizaines de milliers de candidats inscrits sur Parcoursup sont passés du rire aux larmes. En effet pas moins de 60 000 candidats avaient d’abord vu leurs vœux être accepté le 15 pour que finalement leurs vœux leur soient refusés le lendemain matin.

Le gouvernement s’était excusé et avait alors présenté ce phénomène comme résultant d’un bug informatique. Oui, mais voilà, plus d’une semaine après les faits, d’autres aspects ont été rendu public et ce qui était présenté comme un bug n’en serait pas un en réalité.

Un bug qui n’en n’est pas un

Suite à un soi-disant bug informatique qui avait fait que 60 000 candidats s’étaient retrouvés sur la liste d’attente d’une formation où ils avaient initialement été acceptés. Le gouvernement a fait son mea-culpa le 16 mai, en priant les candidats de bien vouloir accepter leurs excuses suite à une erreur dite de “paramétrage”. Ce qui est présenté par le gouvernement comme un bug informatique n’en n’est pas un en réalité.

En effet, selon Pierre Ouzoulias (sénateur communiste des Hauts de Seine) l’erreur serait due au fait que “ le ministère a autorisé les établissements à mettre un taux de surbooking à 50 %”. Un exemple concret : une filière ne disposant que de 50 places pouvait librement mettre sur la plateforme qu’elle acceptait 75 candidats. Le ministère de l’enseignement supérieur a décidé de mettre cela en place pour maximiser les places dans les filières sélectives.

Pour éviter d’avoir des filières qui ne sont pas totalement remplies à la fin, car trop de candidats sur liste d’attente attendent le dernier moment pour refuser ; le gouvernement a mis en place ce surbooking. Sauf qu’ils n’avaient pas calculé que le taux de réponse positive serait aussi élevé et que les filières se retrouveraient avec plus de monde qu’ils ne pouvaient en accueillir. C’est ainsi, qu’ils ont dû recaler une grande partie des candidats qui avaient été acceptaient.

Plus de 400 filières seraient concernés par ce phénomène pour plus de 60 000 candidats. Le bug n’en n’est donc pas un, ces résultats sont donc uniquement de la faute du gouvernement. Celui-ci a voulu s’en dédouaner et se cacher derrière des problèmes informatiques. Alors qu’initialement, ce sont bien les consignes qui sont à l’origine de ces résultats.

La catastrophe ne s’arrête pas à un simple ascenseur émotionnel

Ces résultats ont souvent été présentés comme uniquement un ascenseur émotionnel pour les quelque 60 000 candidats. Certes, il y a bien eu un ascenseur émotionnel, mais le problème que cela pose est bien plus profond. En effet, de nombreux candidat croyant avoir été acceptés dans la filière de leur choix ont, comme la plateforme le demande, supprimé leurs autres veux.

Beaucoup d’entre eux se sont donc retrouvés le 16 mai, avec le sentiment amer dû d’une part à la désillusion de leur voeux qui a finalement été refusé et d’une autre se sont retrouvés amputés d’une partie de leurs vœux en moins. Au-delà de l’erreur qui a créer une frustration chez les 60 000 candidats, le problème qui se pose, c’est que suite à cette faute, de nombreux candidats se retrouvent sans vœux et risquent tout bonnement de ne pas pouvoir intégrer l’enseignement supérieur. Cette faute est donc lourde en conséquence et le gouvernement doit assumer cette faute.

En plus de cette faute, le gouvernement devait corriger certains aspects de l’algorithme notamment pour palier au phénomène de sélection sociale. P. Ouzoulias nous rappel que “le défenseur des droits avait donné deux mois pour présenter des solutions pour faire face aux dysfonctionnements, et notamment les discriminations fortes” et pour l’instant toujours rien. Les discriminations sociales persisteront, et le bilan de la plateforme sera une nouvelle fois catastrophique avec comme principal résultat l’amplification de la fracture sociale au sein de l’enseignement supérieur qui, tant que la plateforme continuera d’exister, ne fera qu’augmenter d’année en année.

Le gouvernement qui, le 15 au soir, s’était félicité de la réussite de la plateforme cette année, a très vite déchanté. En effet, tous les indicateurs laissent présager un bilan encore plus catastrophique que l’année dernière et les 60 000 candidats laissés sur le carreau à cause des choix du gouvernement viennent assombrir un bilan déjà catastrophique. L’échec du gouvernement autour de la nouvelle plateforme Parcoursup est indéniable, il doit maintenant assumer ses erreurs et prendre ses responsabilités en commençant par réinvestir massivement dans l’enseignement supérieur permettant ainsi la création de suffisamment de place pour l’ensemble des candidats.  

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde