Rédaction | Avant Garde
EDITO

Parcoursup n’a que trop duré

La phase de confirmation des vœux de Parcoursup vient de se terminer. Pour la deuxième fois consécutive, cette phase se termine alors que les lycées sont fermés. 

Plus inégalitaire que jamais, les lycéens se retrouvent isolés et parfois sans matériel informatique adéquate pour écrire leurs lettres de motivations et finaliser leurs dossiers. 

Alors que depuis un an, le calendrier de l’éducation nationale est perturbé, celui de la plateforme ne l’a pas été. 

Depuis l’arrivée de la pandémie et de la crise économique, nous avons un étudiant sur six en situation de décrochage, un retard scolaire qui ne cesse de s’accumuler et plus d’un million et demis de jeunes sans aucune solution. Pourtant, plutôt que de mettre en place un plan de rattrapage dans l’enseignement, Jean-Michel Blanquer se paie le luxe de mettre en place de la sélection à l’entrée de l’université. Cette décision est intolérable et totalement irresponsable. 

Combien de rêves ont été brisés par cette machine à sélectionner ? Combien de jeunes n’ont eu aucun de leurs vœux acceptés ?  Combien de jeunes n’ont été acceptés dans une filière ne correspondant pas à leurs aspirations ? Combien de candidats se sont résignés à quitter la plateforme ? 

Le refus de donner les chiffres par le Gouvernement s’apparente déjà comme un aveu de défaite. Cette plateforme ne répond qu’à un seul dessein : trier socialement les élèves. 

Parcoursup n’a que trop duré. 

La crise n’a fait office de catalyseur de problèmes déjà existants. Si le tri social des élèves s’est amplifié avec l’arrivée de la crise, celui-ci existait déjà avant la crise. La situation désastreuse dans laquelle se trouve la jeunesse, doit nous inviter à une remise en cause du modèle tel qu’il est actuellement.

Il ne s’agit pas de se contenter de donner des aides ponctuelles aux jeunes pour dire avoir mis en place une politique jeunesse. L’heure doit être à un plan massif pour la jeunesse pour leur permettre d’être accompagnés dans leurs choix afin de se réaliser et s’épanouir. 

Une jeunesse formée et épanouie est une chance pour la nation toute entière. Au contraire : “Un pays qui n’investit pas dans sa jeunesse n’a pas d’avenir”.