Rédaction | Avant Garde
Environnement

Pourquoi dénoncer “l’humain d’abord” au nom du bien-être animal n’a pas de sens

La priorité donnée à l’humain par le PCF a été vertement critiquée par des politiciens faisant passer le social en dernière position.

L’humain ou les poulets d’abord ?

La semaine dernière l’influenceur Hugo Clément a reproché au Parti communiste de défendre la conquête de droits sociaux au détriment de la lutte contre la maltraitance animale. Pourtant, les deux combats ne sont pas incompatibles. C’est ce que montrent les élus communistes engagés aussi bien pour l’humain que pour la cause animale.

A l’occasion d’une conférence de presse donnée le 4 octobre, Fabien Roussel (PCF) a déclaré que ses premières mesures en tant que président de la République seraient l’augmentation des salaires et des retraites. Il réagissait à une interview de Yannick Jadot (EELV) dans laquelle il déclarait vouloir adopter comme première mesure la libération des poulets d’élevage intensif. 

Le candidat à l’élection présidentielle du Parti communiste poursuit la conférence en disant qu’il mettra fin également à l’élevage intensif. Cette position a largement été critiquée par le Parti animaliste et EELV qui ont reproché à Fabien Roussel de privilégier la question sociale à la question du bien-être animal. 

Mais défendre “l’humain d’abord” ne signifie pas conquérir des droits sociaux au détriment des espèces animales. 

Une préoccupation ancienne

“L’humain d’abord” signifie vouloir faire passer l’épanouissement de l’humain avant les intérêts capitalistes. Ainsi, les communistes ne se battent pas pour la suprématie de l’être humain sur les autres espèces animales, ils se battent contre l’exploitation de l’homme par l’homme. 

L’idée que la préservation de l’environnement est nécessaire au bien-être humain a toujours était présente dans la pensée marxiste. 

En effet, Friedrich Engels dans son ouvrage Dialectique de la nature écrivait, en 1873 déjà, que 

« Les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu’un qui est en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons […], que nous sommes en son sein. » 

Karl Marx également, dans le Manifeste du parti communiste (1848), montra que la lutte contre le capitalisme permettait de préserver la nature aussi bien que les droits des travailleurs, en écrivant que 

« Chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses ressources durables de fertilité. Plus un pays […] se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement. La production capitaliste ne développe donc la technique […] qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travail. ». 

Aujourd’hui encore, les militant.e.s communistes se battent contre la maltraitance animale, sans jamais négliger les luttes sociales. Ce combat se traduit à travers de nombreuses prises de paroles des parlementaires communistes.

Des parlementaires communistes combatifs

Récemment le sénateur de Seine Saint Denis, Fabien Gay regrettait qu’une hiérarchie soit faite entre les différentes espèces animales dans le combat qui était fait dans la lutte pour leur bon traitement. 

En effet, dans les débats parlementaires, l’accent est davantage mis sur la défense des animaux domestiques, quand les animaux d’élevages intensifs sont ceux qui, le plus souvent, subissent les actes de maltraitance les plus cruels. 

Les communistes remettent en cause le modèle de l’élevage intensif. Un modèle qui fait subir aux animaux un traitement infernal, systématisé au nom du marché et du profit. 

Ainsi, au détriment de l’agriculture intensive, les communistes défendent un investissement massif dans une agriculture paysanne, plus éthique et qui permet la préservation de tout un pan de la biodiversité. 

Hubert Wulfranc, député communiste de Seine-Maritime, résume bien cette idée lorsqu’il déclare à l’Assemblée que 

«Le bien-être de l’homme et celui de l’animal ne font qu’un, il faut donc les faire progresser ensemble. Or le modèle agro-industriel a mis à mal la relation entre l’éleveur et l’animal : l’élevage intensif et le développement des fermes-usines provoquent d’insupportables dérives, qui ont été constatées et doivent être punies». 

Ce député donne suite à son engagement pour la cause animale en revendiquant, entre autres, le renforcement de la présence des services vétérinaires, référents des éleveurs en milieu rural. 

L’engagement des élus communistes, contre la maltraitance animale, ne se réduit pas au domaine agricole. Cet engagement, au contraire, prend des formes multiples. 

Des propositions sur les cirques, la chasse, le libéralisme

Lors de la crise sanitaire, les élus communistes, sans jamais mettre de côté la question sociale, n’ont pas oublié pour autant la lutte contre la maltraitance animale. 

Ainsi, ces élus luttent contre la propriété d’animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums tout en revendiquant l’accompagnement de ces interdictions par la mise en place d’un soutien pérenne aux structures circassiennes, branche du monde du spectacle qui se sort difficilement de la crise économique.

Les élus communistes se mobilisent également pour l’interdiction de plusieurs types de chasse, à commencer par la chasse à courre, une chasse profondément violente durant laquelle certains animaux sont déchiquetés vivants par les chiens, frappés à mort à l’arme blanche ou à coups de barre de fer ou noyés dans la vase après épuisement. 

Une chasse dangereuse par ailleurs puisqu’elle stresse et perturbe les animaux qui provoquent des accidents de voiture en traversant les routes. 

Au-delà des prises de position au Parlement, les communistes dans leur ensemble s’engagent contre la maltraitance animale.

Cet engagement peut, par exemple, passer par le soutien direct des communistes aux agriculteurs. Ce soutien est notamment porté par Fabien Roussel qui défend une agriculture «à taille humaine», qui serait libérée de la concurrence imposée par l’Union européenne. 

Concurrence qui contraint les agriculteurs et l’agro-industrie à tenir des cadences effrénées, au détriment du bien-être animal et de la biodiversité.