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Premier round pour la réforme des retraites

A l’appel de la CGT, une journée de grève interprofessionnelle se prépare le 24 septembre prochain. La réforme à venir du système de retraite est dans le viseur de la centrale de Montreuil. 

Une réforme annoncée depuis près de deux ans

À la suite de 19 mois de concertation le gouvernement, sous couvert d’adaptation « aux évolutions du monde du travail et de la société et qui sait faire face aux incertitudes économiques ou démographiques », a confirmé sa volonté de mettre en place un système universel par point qui viendrait remplacer les régimes de retraites existants.

Tous les travailleurs se verront appliquer le même mode de calcul hasardeux et peu sécurisant pour les salariés. La valeur des points variera dans le temps en fonction des cotisations avec un plafond fixé à 14 % du PIB. Un plafond qui avec le vieillissement de la population conduit quasi mécaniquement à une diminution des pensions. La réforme en question conduit également à une prise en compte des tous premiers emplois dans le calcul final de la pension, alors que seules les 25 meilleures années sont comptées actuellement. Le sas de précarité auquel sont soumis les jeunes dans leur entrée dans l’emploi impactera ainsi directement leurs pensions futures. 

Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres d’ici à la fin de l’année puis débattu au Parlement en 2020. 

L’opposition à la réforme s’organise

Face à ce démantèlement du système de retraite, la CGT réitère et réaffirme ses revendications portées depuis longtemps, concernant le système par répartition, plus équitable et ouvrant à une égalité de droits pour tous. La CGT réclame de réelles garanties dans tous les secteurs professionnels offrant une possibilité de départ dès 60 ans et revendique de meilleures retraites par l’augmentation des financements qui reposent à l’heure actuelle sur les cotisations sociales. Des revendications également portées par le PCF, dont le secrétaire national Fabien Roussel demande que les revenus financiers soient soumis à cotisation afin de financer le retour à 60 ans, mais également de garantir un montant minimal des pensions à 1 500 €. 

Une partie des syndicats professionnels s’opposent à la réforme ainsi que les partis politiques de la gauche. Le Gouvernement peut toutefois compter sur quelques soutiens du côté du patronat même si ce dernier demande à ce que des économies plus immédiates soient envisagées, notamment par un nouveau recul de l’âge légal du départ à la retraite. Les centrales syndicales les plus conciliantes soutiennent du bout des lèvres une réforme compliquée à justifier étant donné les reculs qu’elle entraînerait notamment dans les secteurs qui bénéficient des conditions plus favorables que le régime général. 

Vers une large contestation ?

La journée de mobilisation du 24 s’annonce comme un premier coup de semonce, du moins du côté d’une mobilisation interprofessionnel. Vendredi 13 septembre, le réseau RATP était fortement perturbés par une grève, le 16 septembre, c’était au tour des avocats de manifester, une longue série de mobilisation est encore à prévoir en cette fin d’année 2019.

En 2010, malgré plusieurs journées de mobilisations fortement suivies, Nicolas Sarkozy était passé en force pour faire valider sa réforme des retraites. La fin de son quinquennat était fortement restée marquée de cette mobilisation sociale et il n’était pas parvenu à se faire réélire en 2012. Si la réforme des retraites décidée par François Hollande n’a pas eu la même symbolique, sa trahison de sa promesse de revenir sur la réforme de son prédécesseur était resté dans les têtes. Emmanuel Macron débute une réforme encore plus destructrice, et ce, alors qu’il sort juste d’une séquence de mobilisations sociales auxquelles il a été obligé de céder en parti. Le coût politique de sa réforme pourrait ainsi être particulièrement élevé. 

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde