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“Notre principal objectif politique est la fin de la partition de l’Irlande” : entretien avec Caolán McGinley

Caolán McGinley est vice président de Ógra Shinn Féin, les jeunesses républicaines du Sinn Féin, il explique dans un tribune les enjeux politiques posés par la période pour les irlandais.

Au cœur de la situation politique actuelle sur l’île d’Irlande, nous assistons à l’émergence d’une importante campagne pour les droits et l’égalité de toutes les franges de la société. Alors que pour le 50ème anniversaire de la campagne pour les droits civiques, ce ne devrait pas être le cas.

Plus particulièrement au nord, la peur grandit au sein des populations républicaines et nationalistes et, plus largement au sein de toute la société progressiste face au déni permanent de droits pour certaines communautés.

Depuis des années, nous avons vu s’intensifier l’irrespect de la part  de secteurs au sein du DUP (Parti unioniste démocrate) et de l’unionisme politique, de la tradition, de la culture, et plus largement de toute l’identité irlandaise.

Il y a aussi une colère grandissante autour du refus  de l’application d’une véritable égalité des droits dans le mariage, le déni du droit aux legacy inquests [enquêtes sur les crimes commis pendant les Troubles] et l’opposition de l’Etat britannique à affronter le passé.

La négation en cours des droits civiques et humains les plus basiques au nord de l’Irlande, plus particulièrement  ceux des citoyens LGBT – alors que ceux-ci sont garantis sur tout le reste de l’île – , est une honte et mérite une attention internationale.

Cette année marque à la fois les vingt ans de la signature des Accords du Vendredi saint [Good Friday Agreements] et l’approfondissement d’une crise politique généralisée : les Accords n’ont pas été appliqués dans toutes leurs composantes, aucune Déclaration des droits n’a encore été proclamée. Plus récemment, l’imposition du Brexit a renforcé cette crise.

La question des droits civiques n’est pas en train de disparaître. Le DUP  et le gouvernement britannique le savent tous les deux. Ces droits doivent être  mis en oeuvre et c’est ce manque qui a causé l’échec des négociations précédentes.

Les Accords du Vendredi saint ont inscrit les principes d’une évolution politique de la situation et d’un pouvoir correctement réparti pour toutes les identités culturelles et politiques, ainsi que le droit de tous les citoyens à vivre libérés de tout sectarisme.

Le vote de la  confiance et les accords passés entre le gouvernement tory britannique et le DUP a été un point de blocage pour tout progrès politique et la mise en place d’institutions durables.

Il ne fait aucun  doute que le Brexit présente  de nombreux défis pour notre île : il menace de nous retirer les droits et la liberté dont nous profitons tous et de freiner le développement économique et social de l’île.

La menace d’une frontière physique serait désastreuse pour les échanges, pour les travailleurs  et les étudiants qui passent la frontière tous les jours pour leur emploi ou leurs études ; cela renforcerait aussi la partition de l’île et participerait à affaiblir les  Accords du Vendredi saint.

Le gouvernement irlandais a la capacité d’influer fortement sur les aboutissements des négociations du Brexit. Il doit s’assurer que les droits des citoyens irlandais au nord seront bien protégés.

Le Sinn Féin a fait campagne pour une solution viable afin d’aboutir à un statut spécial pour le Nord avec l’UE , comme la seule alternative réaliste aujourd’hui au plan des tories britanniques de mettre en place une frontière physique.

La triste disparition de notre leader Martin McGuinness en mars 2017 nous a tous affectés, mais elle nous a fait redoubler d’efforts.

Nous devons faire campagne et remporter un référendum sur l’unité irlandaise et obtenir une Irlande inclusive, unie et acceptée par tous. Notre premier objectif politique est la fin de la partition de l’île  et la garantie d’une Irlande unie.

Les propos de Martin quand il quitta sa fonction de vice-Premier ministre le 9 janvier 2017, sont pertinents et éclairants :  » Il n’y aura pas de retour au statu quo ». Il avait raison, le statu quo a disparu.

La vision que nous développons de notre participation à un gouvernement, au Nord comme au Sud, est de permettre le véritable changement que la nation attend.

Nous voulons en finir avec les problèmes de logement, nous voulons stopper la crise dans la santé et dans l’éducation.

2018 est une année excitante pour le Sinn Féin, avec le début du grand plan de 10 ans pour le renouveau et la régénération de notre parti. Nous allons nous confronter à de nouvelles élections générales avec un nouveau Uachtarán (président) et un nouveau Leas-Uachtarán (vice-président), ce qui offre aux électeurs une chance d’élire un nouveau gouvernement déterminé à affronter ces crises.

De grands défis nous attendent mais le Sinn Féin est plus fort aujourd’hui qu’à aucun moment depuis la partition. Ensemble nous pouvons vaincre et apporter un véritable changement.

Tribune traduite par Henri.