Qui est Élisabeth Borne ?

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Élisabeth Borne devient Première ministre après sa nomination par Emmanuel Macron. Cette nomination fait suite à la réélection du président de la République, en attendant les résultats des élections législatives. Elle est fortement critiquée par la gauche qui a l’intention de priver le libéralisme de majorité à l’Assemblée nationale.

C’est d’abord le parcours de l’ancienne ministre qui déplait. Fabien Roussel y voit « la technocratie au service de l’argent roi ». En effet, cette habituée des conseils d’administration de grandes entreprises et de la haute fonction publique n’a jamais été élue à aucun scrutin démocratique. Décriée par les syndicats quand elle était à la tête de la SNCF ou de la RATP, Élisabeth Borne est surtout connue comme une ministre fermée au dialogue social.

Mille Borne en camion plutôt qu’en train

Le camp présidentiel tente de vendre la Première ministre comme une personnalité écologiste. Pourtant, son bilan de ministre des Transports puis de la Transition écologique parle contre elle.

Son agenda était aux antipodes des enjeux sociaux et environnementaux. Il n’était pas question pour elle de renforcer le maillage territorial du réseau SNCF, de développer le fret ferroviaire, de renouveler les équipements ou d’embaucher de jeunes cheminots. Autant de leviers pour réduire l’utilisation de la voiture et du camion, ce qui est nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Au contraire, la ministre a littéralement privatisé la SNCF malgré la mobilisation massive des cheminots.

En imposant l’ouverture des chemins de fer à la concurrence, elle a tourné le dos au service public du ferroviaire. S’en sont suivies des fermetures de lignes « non rentables », des appels d’offres pour des opérateurs concurrents, des milliers de suppressions d’emplois, la généralisation du dumping social, la course à la rentabilité. Tout ceci au détriment de la qualité et de la cohérence du service. 

L’exemple du train des primeurs est particulièrement éloquent. L’interruption de ce train Perpignan-Rungis, faute de wagons, a remis des dizaines de milliers de camions sur les routes. Vu son bilan de ministre des Transports, on comprend que Borne a échoué comme ministre de la Transition écologique quelques mois plus tard, condamnée pour inaction climatique.

Social : elle se borne à la communication

Élisabeth Borne est aussi la ministre du Travail qui a réformé l’assurance-chômage contre les chômeurs. Catastrophe sociale, en particulier pour les jeunes, cette réforme a provoqué la réduction des indemnités de plus d’un million d’allocataires et a durci les conditions d’accès aux droits. 

Côté création d’emploi en revanche, c’est la bérézina. Si les chiffres du chômage ont « baissé », c’est dû en fait aux radiations de Pôle emploi et à la précarisation de l’emploi. D’ailleurs, la justice vient de donner tort au quinquennat précédent qui s’est évertué à favoriser le capitalisme de plateforme.

Le Mouvement jeunes communistes de France a vertement réagi à la nomination : « Tout le parcours d’Élisabeth Borne montre qu’elle est au service du capital. Elle mettra en œuvre une politique de droite ».

Déjà dénoncés, les projets de retraite à 65 ans et de réforme des conditions d’accès au RSA seront difficiles à porter pour la Première ministre de Macron. Exigeant des hausses de salaires dans tous les secteurs, les syndicats sont sur les starting-blocks contre ces réformes. Pour sa part, la nouvelle union populaire écologique et sociale pose des contre-propositions politiques devant les électrices et électeurs.