Affiche du Film
CULTURE

POUR LE RÉCONFORT – Cinéma et lutte des classes

Acteur, comédien et metteur en scène et maintenant réalisateur, Vincent Macaigne a sorti ce mercredi 25 octobre son premier long métrage Pour le réconfort.

Ce film, Vincent Macaigne a mis 4 ans pour le sortir mais quelques jours pour le tourner, dans la campagne Orléanaise. Filmé avec quasiment aucun budget le long métrage s’est retrouvé présenté à Cannes dans la sélection ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).

SYNOPSIS

C’est l’histoire de Pascal et Pauline, deux frère et soeur reviennent sur les terres de leur enfance après avoir utilisé l’héritage de leur parent pour partir en voyage. Mais une fois sur place, ils se voient dans l’impossibilité de payer les traites. Ainsi, ils retrouvent leurs amis d’enfance, issus d’un milieu plus modeste et qui n’ont jamais quitté leur campagne. Emmanuel veut étendre ses maisons de retraites et pour cela racheter le terrain que Pascal et Pauline ne peuvent plus payer.

Pour le réconfort traite donc de la fracture social, de la confrontation de deux milieux sociaux différents sur fond de lutte des classes.

BANDE ANNONCE

LE FILM

Les acteurs et actrices, tous issus du théâtre sont impressionnants. Ils savent jouer avec sincérité et naturel à tel point que l’action semble se passer sous nos yeux, brisant ainsi la barrière de l’écran.

Une troupe de comédiens qu’on découvre au cinéma (mis à part Laure Calamy) et qu’on a envie de retrouver. Sous la caméra bienveillante mais exigeante de Macaigne, les personnages parlent fort, crient, s’engueulent et se critiquent et les scènes, très théâtrales, s’enchaînent les unes après les autres et dénoncent.

Critique donc, d’une société qui va mal, d’un pays divisé en deux mais qui essaye un tant soit peu de redonner espoir. On y parle du travail, de la pauvreté, de la vieillesse et “des bourgeois qui jouent aux péquenots”. Il ne le cache pas, Vincent Macaigne s’inspire du “Cerisaie” de Tchekhov dans une adaptation moderne qui fait revivre la lutte des classes.  

Un très beau film, sincère et touchant à voir si vous avez la chance qu’il soit diffusé près de chez vous !

« J’ai voulu aussi montrer la persistance des trois classes sociales selon Marx. Il y a les aristocrates qui héritent et qui n’ont pas besoin de travailler (Pascal et Pauline), les bourgeois qui gagnent tout à la sueur de leur front et veulent détrôner les aristocrates (Emmanuel et Laure), et les prolétaires (Laurent et Joséphine), qui sont les cocus de l’histoire, les braves serviteurs, à jamais. »

Vincent Macaigne