Réforme des retraites : les élus s’en mêlent

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Réforme des retraites : les élus s’en mêlent

Après les salariés, leurs organisations syndicales, les jeunes et les partis, nombre d’élus rejoignent le combat contre la réforme des retraites.

La grève du 19 janvier avait été très suivie avec plus de 2 millions de manifestants en France. Celle du 31 janvier a confirmé la mobilisation massive de la classe travailleuse en comptant pas moins de 2,8 millions de personnes. Dans le même temps, les lycéens multiplient les blocus, les étudiants rejoignent aussi le mouvement. 

Les mairies solidaires du mouvement social 

À l’appel du PCF et de Fabien Roussel, nombre de mairies ont exprimé leur soutien au mouvement populaire combattant la réforme des retraites. Le peuple ne veut pas de la retraite à 64 ans, les manifestations massives du 31 janvier en sont la preuve. 

C’est pour élargir le mouvement que Fabien Roussel en a appelé aux maires et élus locaux. Un appel suivi par de nombreux élus des plus petites communes aux plus grandes. « Qu’ils prennent toutes les initiatives visant à mobiliser les citoyens et favoriser la participation des agents publics aux initiatives syndicales », a-t-il dit. C’est chose faite. 

Les mairies : des sentinelles de la République 

Loin d’être un « coup de com’ », cet appel replace les mairies au milieu du jeu politique. Institutions phares de notre République, fruits de l’histoire de France, elles sont au centre du pouvoir citoyen. De ce fait, il est normal qu’elles soient imprégnées des luttes lorsqu’une majorité éclatante de citoyens s’oppose à la réforme.

Hier, de nombreuses mairies, dont celle de la capitale, ont donc fermé leurs services — mis à part les essentiels — tout en affichant sur leur fronton le refus des régressions sociales.

Au parlement, l’entrée du projet de loi

Cette semaine marque le début de l’examen du projet de loi sur les retraites à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a imposé à la représentation nationale une procédure accélérée qui l’oblige à voter le texte en 7 jours et demi. Après quoi ce sera au Sénat d’examiner le texte de loi.

D’emblée, l’exécutif présente sa réforme avec une stratégie de tensions et d’affrontements au parlement. L’idée est de la faire passer après un minimum de discussions.

Pour le moment, le texte est discuté en commissions avant de procéder aux votes en séance plénière. À entendre les premiers débats, force est de constater que les députés accueillent très froidement la réforme.

La honteuse affaire de la motion référendaire

La majorité présidentielle a manoeuvré grossièrement pour empêcher l’Assemblée nationale d’opter pour un référendum sur le projet de loi. Non contents de nier la démocratie sociale et d’ignorer l’opinion publique, les députés de la majorité ont favorisé le Rassemblement national pour éviter le référendum. 

En effet, les députés de gauche, emmenés par André Chassaigne (PCF), avaient déposé une motion référendaire. Son vote par une majorité de députés aurait entraîné un référendum et un débat devant l’ensemble de citoyens.

Dans son rôle de parti fasciste, faussement social et allié objectif du patronat, le Rassemblement national a également déposé une motion semblable, après André Chassaigne. Seulement, le règlement intérieur des députés ne permet pas le dépôt de plusieurs motions référendaires sur un même texte. Ainsi, la présidente de l’Assemblée n’aurait jamais dû accepter la demande de l’extrême droite.

Contre le règlement de l’institution, la majorité a choisi d’examiner la motion de l’extrême droite plutôt que celle de la gauche, espérant ainsi contourner le débat démocratique. Ainsi le parti de Le Pen a clairement donné un coup de main précieux aux macronistes. 


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