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Réforme des retraites, une forte mobilisation attendue le 5, la suite se prépare

Le 5 décembre s’annonce déjà comme une forte journée de mobilisation. Le gouvernement n’entend pas lâcher son projet. La suite s’organise déjà avec un meeting le 11 décembre à l’appel du PCF pour un contre-projet.

Forte mobilisation en perspective

La réforme n’est même pas encore annoncée. Les derniers arbitrages ne sont probablement pas encore faits. Pourtant le projet du gouvernement suscite une large opposition syndicale à l’exception notable de la CFDT. Après une première journée de manifestations le 24 septembre, les syndicats battent le rappel pour le 5 décembre depuis plusieurs semaines. À la RATP, la grève du 13 septembre a paralysé la majorité du réseau parisien et sonné le premier avertissement au gouvernement. 

Le mouvement bénéficie d’un soutien assez fort si on en croit les sondages. Selon un sondage IFOP pour Cnews et Sud Radio, 64 % des personnes interrogées déclarent la grève du 5 décembre justifiée et 53 % ne souhaitent pas que le gouvernement aille au bout de sa réforme. Les grèves s’annoncent particulièrement suivies. La SNCF a fermé les réservations de trains pour une période allant du 5 au 8 décembre. Le réseau RATP devrait lui aussi tourner au ralenti. Les grandes enseignes parisiennes s’inquiètent particulièrement de leurs ventes les samedis 7 et 8 décembre traditionnellement propice aux affaires à la veille de Noël. 

Un discours gouvernemental mensonger

Le gouvernement multiplie les prises de parole médiatiques pour défendre son projet. Le ministre Delevoye fait ainsi le tour des médias en défendant un « projet de société » qu’il vend comme comme « universelle » et plus « égalitaire ». L’exécutif est pris à revers par sa propre stratégie. En maintenant le plus grand flou sur les contours précis de sa réforme, il a créé une forte inquiétude. Un climat d’incertitude aggravé par les déclarations contradictoires sur le début de l’application de la réforme. Alors que la date de 2025 était avancée (pour tous les travailleurs nés après 1963), le Premier ministre a ouvert la porte à un recul indéterminé de ce début tout en contestant le principe…

Le côté « universel » du projet gouvernemental est fortement discutable. Les régimes « spéciaux » ne concernent déjà qu’une minorité de salariés et sont des héritages historiques le plus souvent corporatistes. L’organisation actuelle du système de retraites n’est donc pas si éclatée que le prétend le gouvernement. La mise en place du système par point, encourage cependant les salaires les plus élevés à recourir à des solutions privées en complément afin de s’assurer d’un droit au repos plus tôt que ne le permettra le futur régime par points et surtout un taux de remplacement du dernier salaire plus élevé. Pour les moins bien lotis, le nouveau système ne sera qu’une perte sèche. Loin d’un système « universel », c’est en réalité un système à deux vitesses qui sera installé et ne permettra plus la redistribution actuelle. 

Après le 5 décembre ?

Plusieurs secteurs ont déjà annoncé que la grève du 5 décembre serait reconductible. Un conflit dans la durée est donc à prévoir au lendemain du 5 décembre. Le Premier ministre a lui confirmé sa volonté d’aller au bout de son projet. La concertation mise en avant par l’exécutif est largement une coquille vide, malgré plus de deux ans de discussion, il n’a jamais été réellement question d’un vrai débat. Ces temps d’échanges ont été pour l’essentiel de la communication destinée à asseoir la légitimité du projet. Pourtant le système actuel de retraite mériterait un réel débat, les différentes réformes visant à le détricoter ont largement entamé sa légitimité. 

Alors qu’il faut désormais 43 années de cotisations, que l’âge légal est à 62 ans et que nombre de salariés s’attendent à des pensions très faibles calculées sur 25 années pas toujours complètes, la branche vieillesse de la sécurité sociale mérite un lifting. Les régimes complémentaires obligatoires sont également à repenser. Le Parti communiste français a pris l’initiative d’appeler à un meeting avec les autres forces de gauches et syndicales, le 11 décembre prochain pour proposer un réel projet de réforme des retraites.  Le parti de la place du colonel Fabien appelle notamment à :

« un régime unifié, pour faire converger vers le haut les droits à la retraite de l’ensemble de la population et garantir au minimum 75 % du meilleur revenu d’activité dès 60 ans »”

Plus spécifiquement, le PCF lance un appel large à poursuivre la mobilisation pour un système plus juste et solidaire à destination des jeunes : 

« Nous voulons nous adresser à la jeunesse qui est la première concernée. Nous voulons lui dire : oui, une retraite garantie, c’est possible ! Oui, une vie digne de bonheur après une vie de travail, c’est possible ! »”

Le 5 décembre promet d’être une journée qui fera date dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Cette journée pourrait également être le début d’un mouvement plus large, sur la question des retraites, mais également un point de départ de la construction d’une alternative politique.

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