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EDITO

Réouverture des écoles : l’exécutif ajoute de l’inégalité à la crise sanitaire

Le gouvernement a fait le choix de déléguer la responsabilité de la réouverture des écoles aux mairies. Dès le départ, celles-ci ont été nombreuses à dénoncer l’attitude de l’exécutif, qui les laisse souvent bien seules pour gérer ce problème.

Le résultat de cette délégation n’est pas sans poser problème. L’incapacité du gouvernement à donner suffisamment de garanties sur la sécurité sanitaire des élèves et des personnels enseignants, pousse de nombreuses mairies à maintenir fermées les portes des écoles. Certaines d’entre elles pourraient même rester closes jusqu’à la rentrée de septembre.

Ces différences viennent directement porter atteinte au principe d’égalité entre les territoires et entre les élèves. 

La faute aux Mairies ? Certainement pas. La responsabilité est à imputer à l’exécutif, incapable de répondre à la demande en termes de matériel ou d’apporter une assistance satisfaisante. Par ce choix, le gouvernement a reporté la responsabilité, et donc la faute sur les collectivités territoriales. 

Bien que le gouvernement semble l’avoir oublié ces derniers temps, l’école de la République doit être la même pour toutes et tous, peu importe l’origine sociale ou la ville où les élèves habitent. À la même mesure que le caractère obligatoire de l’école ne doit pas être remis en cause, la réouverture de celles-ci doit être pilotée par l’État afin de permettre l’égal accès à l’éducation.  

La gestion extrêmement décentralisée de la réouverture des écoles a inspiré plus d’un éditorialiste. L’occasion était trop belle de ne pas critiquer la trop forte « centralisation » de l’État français. Depuis la semaine dernière, les papiers encensant le déconfinement « à l’allemande », différentes fonctions des landers (régions) et dénonçant la rigidité de l’État se sont multipliés. Derrière ces lignes, nous voyons revenir une conception libérale orthodoxe, qui souhaite en finir avec le rôle organisateur de l’état, garant de l’égalité entre les territoires et les citoyens.

Pourtant, si ce déconfinement nous montre bien une chose, c’est que la « décentralisation » de l’ouverture des écoles entraîne un développement des inégalités sur le territoire. De plus, le capharnaüm dans lequel cette reprise se prépare est largement à imputer au gouvernement qui a préféré déléguer les responsabilités aux maires, pour se dédouaner par avance d’éventuels ratés. 

En prétendant remettre en question le fonctionnement trop centralisé de la France, le gouvernement tente de masquer son incompétence dans la gestion de la crise. En réalité, l’exécutif a organisé sciemment la faiblesse et l’impuissance de l’État. En se déresponsabilisant de la sorte, le gouvernement vient ajouter une situation inégalitaire à la crise sanitaire.