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Dans la restauration : des droits à défendre et à gagner

Conditions de travail et horaires difficiles, conventions collectives et salaires au rabais, pressions patronales, heures supplémentaires non-payées, travail non-déclaré… Voici le quotidien de nombreux jeunes salariés du secteur de la restauration.

Les jeunes: armée de réserve idéale pour la restauration

C’est en effet parmi les jeunes que le patronat de la restauration trouve la main d’œuvre la plus corvéable et la plus flexible : une armée de jeunes précaires pour livrer des pizzas, servir dans les bars ou des brasseries, fabriquer et vendre des frites et des Big Mac… Sans qualification généralement, parfois étudiants en parallèle (30 000 dans la restauration rapide), parfois étrangers isolés voire sans-papiers ; autant de situations où le « gagne-pain » dépend du degré d’exploitation qu’on sera capable d’accepter, et bien souvent il faut bien vivre donc on n’a pas le choix.

Dans la restauration rapide, les salaires dépassent rarement le Smic pour un poste d’ « équipier » et seulement un salarié sur trois travaille à temps plein. En plus des cadences infernales, et d’un droit du travail qui n’est souvent pas respecté, on se retrouve avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Dans la plupart des cas, on est embauché directement en CDI mais cela n’est pas pour garantir la sécurité de l’emploi. Au contraire, on subit d’abord une longue période  d’essai (de 2 mois par exemple) où tous les coups sont permis pour l’employeur puisqu’à tout moment on peut se faire virer sans qu’il lui soit nécessaire de le justifier. De plus, il y a un turnover important dans ce secteur car en général il ne s’agit pas de la branche d’activité dans laquelle on veut faire carrière.

Quand on veut partir, pour se consacrer à une formation, ou parce que simplement on n’en peut plus, on est contraint de démissionner. Cela ne coute rien au patron mais en revanche cela nous prive des allocations chômage pendant plusieurs mois.

La mobilisation, seule réponse possible au patronat

Salariés jetables et sous-considérés, il semble donc y avoir bien peu de perspectives de reconnaissance pour de nombreux jeunes travailleurs de la restauration. De nombreuses expériences nous montrent pourtant, qu’il est tout de même possible de revendiquer des droits et d’en gagner. Parmi des milliers d’exemples, c’est le cas d’un étudiant dans le département du Nord. Isolé du fait de sa situation de ressortissant étranger et de jeune précaire, il a été contraint d’accepter une embauche au noir dans un restaurant pour 2,5€ de l’heure. Toutefois, accompagné de syndicalistes de la CGT, il a fini par réussir à obtenir une rémunération digne de la part de son patron voyou.

C’est aussi le cas aussi de jeunes salariés chez Domino’s Pizza à Angers. Ils ont décidé de se syndiquer et de se présenter aux élections des représentants du personnel dans l’entreprise. A la suite de cela ils ont obtenu des pauses, du nouveau matériel de travail, des conditions de sécurité renforcées. Grâce à leur action c’est l’ensemble de l’équipe qui a bénéficié d’améliorations concrètes de leur condition de travail. Plus généralement de nombreux salariés de Mc Donald se mobilisent actuellement à travers le monde pour l’augmentation des salaires. Aux USA des victoires ont déjà été obtenues et en France de plus en plus d’actions sont menées. De Paris à Marseille les salariés se mobilisent pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail.

En résumé, la restauration est l’une des branches d’activité où les jeunes salariés sont le plus exploités mais ils ne sont pas résignés pour autant. Les élections présidentielles et législatives qui approchent nous offrent la possibilité de nous imposer dans le débat et de gagner pour l’ensemble des jeunes travailleurs des conditions de travail dignes.

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Collectif de rédaction d'Avant Garde