senatoriales-enjeux-derriere-electionsPalais du Luxembourg où siège le Sénat CC0 | Domaine Public
FRANCE

Sénatoriales, les enjeux derrières les élections

Ce week-end, dans une indifférence quasi générale se sont déroulées les élections sénatoriales.

L’éloignement de cette institution avec une grande partie de la population, couplée à la volonté de nombreuses forces politiques, notamment de celle du Président de la République, de masquer une défaite électorale n’a pas aidé à ce que l’ensemble des habitants de ce pays puissent se saisir des enjeux et des conséquences des résultats.

Il y a pourtant plusieurs enseignements à tirer.

En Marche..vers une droitisation ?

D’abord, c’est une première sanction subie par le président Macron. Loin des résultats affolants des législatives, cette fois-ci le groupe En Marche se retrouve avec un total d’élus moins important que lors de la précédente mandature. Si bien évidemment, le mode de scrutin est particulier, les coups portés notamment sur les collectivités ont dû faire revenir sur terre les tenants du pouvoir qui loin des 60 nouveaux élus espérés se retrouvent avec seulement 24 sièges, soit 5 de moins que le groupe sortant.

Malheureusement, c’est la droite qui rafle la mise puisque le groupe des Républicains va rester le premier groupe au Sénat. 171 candidats ont été élus avec une étiquette LR, Union de la droite ou divers droite contre 142 lors de la précédente mandature.

Cela implique donc qu’Emmanuel Macron devra composer avec la droite pour mener à bien ses projets. Si sur de nombreux sujets de fond cela ne devrait pas poser des problèmes, c’est au sujet de la réforme de la constitution que les choses risquent de se compliquer entre les promesses de campagne du candidat Macron et la réalité d’une droite conservatrice, proche de la majorité absolue qui devrait reconduire l’éternel Gérard Larcher à la présidence de la haute assemblée.

Le FN ne trouve toujours pas l’escalier parlementaire

Il est également important de noter la défaite symbolique très importante du Front national qui après avoir raté la marche parlementaire des élections législatives n’arrive pas à percer au point qu’aucun sénateurs issus des rangs du parti d’extrême droite soit élu lors de ce scrutin.

Le PS limite la casse…pour l’instant, les verts s’écroulent.

Les socialistes craignaient une nouvelle déroute, mais ils s’en sortent finalement mieux que prévu. Certes, le PS va perdre des élus, en passant de plus de 80 sièges à moins de 70, mais il pourra compter sur le renfort d’une quinzaine de divers gauche. Cependant rien n’est simple au vu des divisions internes, de la crise actuelle de l’ex parti de la rue de Solférino et des volonté de certains de s’associer à la politique de la majorité présidentielle.

Quant aux écologistes, c’en est fini de l’aventure d’un groupe au Palais du Luxembourg. A l’image de la dynamique qu’ils traversent depuis de longs mois, ces élections n’auront pas permis la subsistance d’assez d’élus pour en constituer à nouveau.

Les communistes en situation d’être le seul groupe d’opposition à gauche

Annoncés morts et en voie des disparaitres du Sénat, peu soutenues par des forces potentiellement partenaires comme la France Insoumise, le Parti Communiste Français a tenu tête au contexte pourtant défavorable en maintenant l’existence de son groupe au Sénat.

Le PCF qui compte désormais plus de 30 parlementaires communistes et apparentés, présents dans toutes les institutions, semble donc apparaître comme une force sur qui il va falloir compter  dans les luttes à venir et lors des différentes recomposition à gauche. D’autant qu’il faut souligner que si le groupe CRC perd des élus, des gains non négligeables sont à noter comme l’élection de Fabien Gay qui devient le deuxième Sénateur Communiste de Seine Saint Denis aux côtés d’Eliane Assassi, présidente du Groupe réélue ou encore de la victoire de Pierre Laurent à Paris, cette fois ci sur une liste propre.

Il semblerait que la stratégie de rassemblement autour de contenu ait été payante le parti de la place du Colonel Fabien. En témoignent les scores intéressants dans les Landes, l’Essonne ou la Meurthe et Moselle où si à chaque fois l’élection est ratée à quelques voix près, le nombre de voix est parfois 40% supérieurs aux scores attendus par le PCF au vu de la composition des grands électeurs.

Une situation qui appelle à résister et à rassembler

La nouvelle composition du Sénat ne donne donc pas beaucoup d’éléments positifs concernant la mandature à venir et les tentations d’accélérer dans les politiques de droites au service des puissants vont être de plus en plus régulières pour Emmanuel Macron.

Face à ce bloc, des pôles de résistance continuent à exister comme lors de la précédente mandature. espérons que bien que minoritaires, les dynamiques de rassemblements s’opèrent pour que les intérêts du plus grand nombre soient défendus, même dans la douleur, et surtout avec le nécessaire soutien populaire.