sorties-cine-de-semaine-222Affiches des films
CULTURE

Les sorties cinéma de la semaine

Cette chronique a pour but de présenter chaque semaine les films qui vont sortir sur grand écran. Les longs-métrages présentés n’ont pas encore été vus en salle mais feront pour certains l’objet de critiques ultérieurement. L’auteure ne fait que donner son avis personnel construit à partir du synopsis et de la bande annonce. Des erreurs de jugement peuvent donc être commises.

A NE PAS MANQUER

Une année polaire

DOCU-FICTION – “Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.”

La frontière entre documentaire et fiction est bien fixée et le réalisateur, ne tombe ni trop dans l’un, ni trop dans l’autre, réussissant très bien le mélange des genres. Premièrement, esthétiquement c’est beau, les paysages enneigés sont sublimement filmés, tout comme les aurores boréales, caractéristiques de la région. Mais aussi, le film ne tombe pas dans les clichés et passionne par la manière dont est filmé le quotidien des inuits.

Retour à Bollène

DRAME – ”Nassim, 30 ans, vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine. Après plusieurs années d’absence, il revient avec elle à Bollène, dans le Sud-Est de la France, où il a grandi. Nassim doit alors faire face à son passé, à sa ville sinistrée, désormais gouvernée par la Ligue du Sud, à sa famille avec laquelle il entretient des relations complexes et à ce père à qui il n’adresse plus la parole…”

Bollène est une commune du Vaucluse, dans le sud de la France, à côté d’Orange dont la mairie est dirigée par Marie-Claude Bompard de la Ligue du Sud. La Ligue du Sud est un parti d’extrême droite crée en 2010 par Jacques Bompard (maire d’Orange, membre fondateur du FN) et des anciens militants du Front National. Sur fond politique, Retour à Bollène parle aussi de toutes ces villes en France où l’extrême droite règne; les personnages sont alors la vitrine d’une chronique politique et sociale. Le film n’est pas parfait – tombant dans certaines lourdeurs –  mais il est sincère et émouvant.

POURQUOI PAS

Mon Ket

COMEDIE – “Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…”

Après les cultissimes caméras cachées, François Damiens réalise son premier long-métrage de fiction. Avec un sujet un peu plus mature, on n’a pas de doute sur la réussite du genre: la comédie. Espérons seulement qu’il ne tombe pas dans le trop plein de bons sentiments ce qui pourrait desservir le film.

Demi-sœurs

COMEDIE – “Lauren, ravissante it-girl de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode en écumant les soirées parisiennes. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents, et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune professeur d’histoire fougueuse, vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n’ont aucune raison de se croiser… Jusqu’au jour où, à la mort de leur père biologique qu’elles n’ont jamais connu, elles héritent ensemble d’un splendide appartement parisien. Pour ces trois sœurs qui n’ont rien en commun, la cohabitation va s’avérer pour le moins explosive…”

On la connaît l’histoire du parisien qui rencontre son homologue de banlieu, Demi-soeurs a le mérite de pour une fois mettre en scène des femmes. Maintenant, il reste à voir si la comédie tombe ou pas dans le piège du cliché et des stéréotypes du choc culturel. On peut donc espérer un peu plus de finesse de la part des scénaristes, du moins on l’espère.

Opération Beyrouth

THRILLER – “Beyrouth, 1972. Diplomate américain, Mason Skiles organise une réception, en présence de sa femme et de Karim, orphelin libanais de 13 ans que le couple espère adopter. Mais le cocktail est perturbé par l’arrivée du meilleur ami de Mason, l’agent de la CIA Cal Riley, porteur de nouvelles inquiétantes concernant Karim. Quelques secondes plus tard, des terroristes font irruption et ouvrent le feu sur les convives. Les conséquences sont terribles.

Dix ans plus tard, Mason a sombré dans l’alcool. Vivant désormais à Boston, il intervient comme médiateur dans les conflits au sein de l’entreprise. Jusqu’au jour où il est abordé par un inconnu qui, à la demande d' »amis » communs, lui remet un passeport et un billet d’avion pour qu’il se rende le plus tôt possible à Beyrouth. D’abord réticent, il débarque dans une ville ravagée par la guerre qu’il ne reconnaît plus. Il comprend alors pourquoi on l’a fait venir : des terroristes ont kidnappé un agent de la CIA et il est censé négocier sa libération contre celle du djihadiste Abu Rajal, détenu par la police secrète israélienne. Avec l’aide de Sandy Crowder, elle-même membre de la CIA, Mason prend conscience que chaque force en présence – Tsahal, le gouvernement américain, l’OLP – cherche à servir ses propres intérêts. À qui peut-il encore faire confiance dans un monde où la vérité n’émerge que lorsqu’elle est rentable ?”

Adoptant une mise en scène classique pour un thriller de guerre américain, le film remet au moins en cause les puissances agissant pour l’argent sans prendre en compte les vies humaines derrière. En revanche, le rythme un peu trop lent perdra surement des spectateurs en route.

Je vais mieux

COMEDIE – “Un quinquagénaire est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ?”

Excellente question.

Si Eric Elmosnino est parfait dans ce rôle, le film tombe dans une certaine caricature d’un malade imaginaire contemporain.

L’Extraordinaire voyage du Fakir

COMEDIE – “Aja, un jeune arnaqueur de Mumbai entame, à la mort de sa mère, un extraordinaire voyage sur les traces du père qu’il n’a jamais connu. Il rencontre l’amour à Paris dans un magasin de meubles suédois, le danger en compagnie de migrants somaliens en Angleterre, la célébrité sur une piste de danse à Rome, l’aventure dans une montgolfière au-dessus de la Méditerranée, et comprend finalement ce qu’est la vraie richesse et qui il souhaite devenir.”

Adapté du roman à succès “l’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea”. L’extraordinaire voyage du Fakir place son intrigue dans une armoire Ikea. On nous signale qu’aucune armoire n’a été maltraitée pour les besoins du film.

Les Rives du Destin

DRAME – “Samira, jeune mère à peine divorcée, quitte sa province avec sa fille pour revenir s’installer à Téhéran. Déterminée à se construire une vie de femme indépendante, elle cherche un travail et un logement décent pour sortir de la précarité. Ce choix de vie l’oppose à son ex-mari violent, à son entourage divisé et aux mentalités iraniennes conservatrices. Coûte que coûte, Samira tente de surmonter les divers obstacles rencontrés sur son chemin.”

Les rives du destin s’intéresse à la classe populaire de Téhéran avec un certain réalisme poignant au travers du récit de Samira luttant pour son indépendance. L’oeuvre du réalisateur (dont c’est le 8ème film) est interdite en Iran. Grâce à une écriture exigeante, le film est efficace mais rate un peu son coup par une fin un peu trop mélodramatique et chargée en pathos.

My Pure Land

DRAME – “Dans une région isolée du Pakistan, les terres sont l’objet de toutes les convoitises et les querelles de famille se règlent les armes à la main. Quand son père est injustement emprisonné, Nazo une jeune fille de 18 ans, se retrouve seule avec sa sœur et sa mère, assiégées par des bandits armés, engagés par leur oncle pour s’approprier leur maison.  Mais Nazo, comme le lui a enseigné son père, ne se soumet pas.”

Au travers d’un pamphlet féministe fort dans une société patriarcale, My Pure Land prend quelques aires de Western un peu conventionnel.

JE VOUS DÉCONSEILLE

La Naissance de Narcisse

DRAME – “David Klein, un jeune scientifique mégalomane, exprime un très fort mépris envers les autres. Il décide de se faire cloner car, selon lui, seul un cerveau semblable au sien est assez compétent pour l’aider à résoudre une équation de la physique quantique. Après un certain temps, la présence du clone devient problématique…“

Le scénario quelque peu convenu, aurait pu être intéressant. Il essaye de pointer les limites du narcissisme et des progrès de la science. Mais à la vue de la bande annonce, la réalisation semble mauvaise, les acteurs jouent mal et les dialogues sont prévisibles. Le film tombe plus dans le nanar que dans la science-fiction en voulant se donner un genre qu’il n’arrive pas à maîtriser.