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EDITO

Sortons la santé des logiques marchandes

Après avoir dit des semaines durant que le port du masque était inutile, le gouvernement a récemment fait marche arrière, le rendant quasi obligatoire pour sortir de chez soi.

La pénurie constatée depuis des mois a conduit à une envolée du prix des masques, malgré le plafonnement pour ceux à usage unique. Celui-ci a été multiplié par dix en seulement quelques mois. Alors que de nombreux jeunes ont perdu leur revenu avec le confinement, l’augmentation du prix des masques peut vite représenter un budget non négligeable, quoi qu’indispensable.

Cela prouve que laisser au secteur marchand la distribution  des masques ne permet pas d’assurer la sécurité sanitaire pour l’ensemble de la population. Cet exemple n’est pas le seul à nous montrer l’incompatibilité entre santé et marché. 

Cette semaine, Sanofi nous en a donné une illustration frappante. Pour des raisons liées à  l’origine des investissements, l’entreprise a annoncé vouloir distribuer le futur vaccin aux États-Unis en priorité, transformant alors la lutte dans la recherche du vaccin en un enjeu de guerre commerciale. 

Abandonner des secteurs aussi essentiels au secteur marchand a des effets désastreux. Dans leur quête de profit à tout prix, l’intérêt des capitalistes entre ainsi en contradiction avec les besoins humains.

L’incapacité du gouvernement à fournir des masques à la totalité de la population deux mois après le début du confinement en dit long sur la capacité de la France à gérer une crise sanitaire de cette ampleur. 

Pourquoi sommes-nous incapables de produire suffisamment de masques sur le sol français ? Pourquoi le stock de masques n’a pas été renouvelé ? Pourquoi les masques n’ont-ils pas été réquisitionnés pour être distribués ? Pourquoi les masques ne sont-ils pas remboursés par la sécurité sociale comme les autres médicaments ? Tout autant de questions qui sont toujours sans aucune réponse de la part de l’exécutif. 

Pourtant, les raisons sont connues. Les politiques libérales ont entraîné un fonctionnement des services publics à flux tendus, nous menant tout droit à notre perte. Le gouvernement ne semble toujours pas en avoir tiré les leçons. 

À quand une politique de santé publique à la hauteur des besoins ? Tout ce qui touche la santé, de l’Hôpital jusqu’à la production pharmaceutique en passant par la distribution de masques doit sortir des logiques marchandes pour répondre à un seul et même principe : l’intérêt général. 

Décidément, entre cette inflation des prix des masques, du taux de chômage et la baisse du pouvoir d’achat, les jours heureux promis par Emmanuel Macron ne semblent pas être  pour tout de suite.