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EDITO

Sortons le service public des logiques marchandes

Depuis plusieurs semaines, la contagion et le nombre d’hospitalisations pour cause de COVID 19 repartent à la hausse. Le gouvernement tente tant bien que mal chaque semaine de mettre en place de nouvelles mesures afin d’endiguer la propagation du virus, mais rien n’y fait, le nombre de contaminés et d’hospitalisations continue d’augmenter. 

Alors que cette deuxième vague était prévisible, le gouvernement n’a rien mis en place pour y faire face et les services hospitaliers risquent d’arriver rapidement à saturation. 

Pourtant, devant l’Hôpital de campagne de Mulhouse, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de résilience et la nécessité de doter l’Hôpital Public de moyens suffisants. Six mois après ce discours, la situation a empiré. Le nombre de places n’a pas augmenté. Pire, dans certains départements comme en Seine-Saint-Denis, les fusions d’hôpitaux ont même supprimé des lits. Le manque de personnel déjà soumis à rude épreuve sur cette dernière période n’a pas augmenté.

Le manque de personnel est tel, que les ARS réquisitionnent de nouveau les étudiants pour faire des tests covid et laver des locaux.  Alors que les étudiants en santé se sont pleinement investis dans la gestion de la crise sanitaire, ils se retrouvent une nouvelle fois réquisitionnés. En lieu et place de leur stage, les étudiants doivent faire des tests de dépistages. La qualité des études est directement impactée par la crise sanitaire. 

Non seulement la qualité de leurs études est impactée mais leur rémunération reste bien en dessous du SMIC. Un étudiant réquisitionné pour le covid touche moins de 4€ de l’heure. 

Ces étudiants – dévoués pour l’intérêt général – sont une nouvelle fois prêt à s’investir pleinement pour faire face au manque de personnel. Malheureusement, cela se fait au détriment de leurs études. Voici, les conséquences concrètes des politiques à flux tendus dans le service public.

Si la bravoure et le dévouement de ces étudiants ne peuvent être que salué, la situation n’est pas normale. Alors que la deuxième vague était prévisible, comment se fait-il que nous soyons obligés d’en arriver là ? Où est le plan d’embauches dans l’Hôpital public tant demandé par le personnel soignant ? Où est la construction de places d’hôpital pour répondre à la crise sanitaire ? 

Le gouvernement ne pourra pas faire mine d’ignorer la souffrance dans l’Hôpital Public.  Le manque de lits et de personnel aurait pourtant pu être anticipé si le gouvernement avait tiré toutes les leçons depuis le confinement. 

Voilà ce qui arrive quand on ne prête oreille qu’aux technocrates de Bercy n’ayant que le niveau de la dette en tête plutôt que d’écouter la souffrance qui s’exprime depuis les chambres d’Hôpital.

Le gouvernement doit mettre en place dès maintenant un investissement massif dans la santé. Afin d’ouvrir des places en réanimation mais aussi de permettre de recruter du personnel. Ce personnel doit bien évidemment être formé. Exigeons la mise en place de pré-recrutement dans la santé pour former le personnel soignant de demain. Ces étudiants doivent pouvoir être rémunérés à leur juste valeur. 

Le vrai acte de résilience, celui qui nous permettra de rebondir après ce choc terrible, cela sera de stopper les politiques libérales, au profit de politiques qui mettent l’humain et l’intérêt général avant les intérêts financiers.