Rédaction | Avant Garde
EDITO

Un baccalauréat 2021 inégalitaire ?

Depuis la rentrée, partout en France, les lycéens et lycéennes se mobilisent pour dénoncer un baccalauréat inégalitaire. 

Ces mobilisations font suite à une année chaotique pour l’enseignement secondaire. Si l’année scolaire dernière s’était caractérisée par une aggravation des inégalités, ce n’était rien par rapport à cette année. 

Malgré le retard, le Gouvernement a refusé de mettre en place un plan de rattrapage et de lisser les programmes. Dès le mois de septembre, les lycéennes et lycéens ne partaient pas tous sur un même pied d’égalité. Ces inégalités se sont renforcées tout au long de l’année. Malgré l’avancée de la pandémie, il a fallu attendre trois mois et des centaines de fermetures de classes pour que Jean-Michel Blanquer décrète la mise en place d’un protocole sanitaire. N’étant pas accompagné d’un allégement des programmes, celui-ci n’a pas été respecté par tous les établissements ce qui a conduit à une rupture d’égalité. À la fin de cette année scolaire nous avons un lycée à deux vitesses. D’un côté des établissements n’ont pas respecté le protocole sanitaire et ont ainsi pu boucler le programme et d’un autre côté des établissements qui l’ont respecté et accumulent du retard sur le programme.

Bien évidemment, dans ces conditions, le maintien des épreuves telles qu’elles avaient été imaginées serait profondément injuste. Pour autant, le contrôle continu le serait tout autant. Si l’année a été inégalitaire, retirer le peu de cadrage national qu’il reste du diplôme du baccalauréat creuserait les injustices. En contrôle continu, la valeur du baccalauréat dépend de la notoriété du lycée d’origine. Par conséquent , quelle sera la valeur d’un baccalauréat obtenu en contrôle continu dans un lycée à Aubervilliers ou dans le Vimeux picard face à celui obtenu dans un établissement réputé du centre de Paris ? Quelles conséquences sur Parcoursup ? Pour sûr, la sélection sociale en sortirait renforcée. 

Face à cette situation, l’inaction de Jean-Michel Blanquer est particulièrement insupportable.  

L’heure ne doit pas être au statu quo ni à l’annulation des épreuves, elle doit être à  l’aménagement des examens. Il faut maintenir les épreuves terminales et proposer plusieurs sujets. Il pourrait être envisagé de proposer un sujet par chapitre pour s’assurer que celui-ci a été traité en cours. En revanche, le grand oral doit quant à lui être annulé. Il ne correspond à rien, est par essence inégalitaire et n’a même pas été préparé par les élèves.