Rédaction | Avant Garde
EDITO

Un Service National pour les jeunes et toujours rien pour l’éducation

L’édito de Léon Deffontaines, secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France.

Dimanche dernier a marqué le coup d’envoi du Service National Universel. 2 000 bénévoles âgées de 15 et 16 ans vont, pendant deux semaines, participer au premier essai du SNU.

Le lancement a été quelque peu chaotique : dès le deuxième jour, près de trente jeunes se sont évanouis lors d’une cérémonie après plus d’une heure à attendre sous le soleil. Le soir même une vidéo sur les réseaux sociaux montrait l’extrait d’un des débats où l’intervenante présentait Pétain comme le vainqueur de Verdun. Ces aspects viennent ternir ce qui devait être un coup de communication de la part du gouvernement.  

Gabriel Attal a annoncé dimanche que le SNU deviendrait obligatoire d’ici à 2026 le coût de cette mesure étant estimé à 1,5 milliard d’euros. Certains y verront là une provocation. Alors que les jeunes sont massivement descendus dans les rues en décembre contre les réformes du lycée, Parcoursup et plus généralement contre la casse de l’éducation ; le gouvernement a répondu qu’il n’y avait pas assez d’argent et a refusé de donner gain de cause aux demandes légitimes des lycéens. De même ces annonces viennent la veille d’une grève inédite des professeurs lors des épreuves du bac.

Le gouvernement souhaite mettre en place un service national obligatoire avec des contours qui encore aujourd’hui restent très flous. C’est le comble, plutôt que d’écouter les revendications des jeunes le gouvernement leur impose un service national dont ils ne veulent pas.

Aujourd’hui, l’éducation n’est pas à la hauteur des besoins et on vient ajouter quelque chose qui n’en relève pas, notamment en invoquant les carences plus ou moins fantasmées de l’éducation.

La priorité pour les jeunes n’est pas l’instauration d’un service national. La priorité est de réinvestir massivement dans l’éducation pour permettre à chacune et chacun d’étudier dans de bonnes conditions dans la filière de son choix.