Rédaction | Avant Garde
EDITO

Un simulacre de Démocratie

Ces derniers temps, pas une semaine ne passe sans qu’un député en marche ne se fasse remarquer par son intervention à l’Assemblée nationale. La semaine dernière, c’était le député Guérini qui avait osé prétendre s’inscrire dans la continuité de Croizat. Cette semaine, la palme de l’intervention la plus lunaire revient à Nicolas Turquois, co-rapporteur du projet de loi sur la réforme des retraites.

Les députés de l’opposition avaient interpellé la majorité autour du choix de l’année 1975 pour les premières générations à connaître le système par point. Nicolas Turquois a cru opportun de répondre ironiquement. Il a ainsi expliqué que d’autres années avaient été envisagées, en référence à des sorties de musiques ou des compétitions sportives, mais qu’ils avaient finalement opté pour l’année 1975 pour inclure un certain nombre de députés d’opposition dans ce nouveau mode de calcul. Cela pourrait presque être drôle si le sujet n’était pas aussi grave. Les députés sont en train de débattre autour d’un nouveau système de retraites qui va obliger les nouvelles générations à travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles. Et que fait la majorité présidentielle ? Elle ironise, joue la comédie et fait le pitre pour refuser de répondre aux questions embarrassantes de l’opposition.

Nicolas Turquois a fini son intervention en disant : « La République c’est nous, et vous n’êtes rien (s’adressant aux députés de l’opposition) ». Comment un député peut oser dire à des représentants du peuple qu’ils ne sont rien ? Cela en dit long sur sa vision des institutions républicaines et sur la démocratie.

Il y a quelques semaines, Macron disait : « essayez la dictature et vous verrez ». En effet nous ne sommes pas en dictature, mais ce simulacre de débat n’en est pas pour autant démocratique. Paraphrasons Emmanuel Macron, et conseillons-lui « d’essayer la démocratie, et nous verrons bien ». Les députés refusent de s’adonner au débat démocratique ? Très bien.

Si les représentants refusent de faire ce pour quoi ils sont élus, laissons les citoyens décider et soumettons le projet de réforme des retraites par référendum.