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Éducation

Une rentrée scolaire sur fond de réformes

Ca y est, c’est la rentrée, c’est reparti pour une année scolaire. Tout comme l’année dernière la rentrée se tient alors même que la phase complémentaire de Parcoursup n’est pas terminé. Alors qu’une grande partie d’étudiants sont en pleine préparation de la rentrée, des milliers de candidats sur la plateforme sont encore sans affectation. En plus de Parcoursup, c’est une rentrée un peu particulière qui se tient en plein contexte d’applications des réformes Blanquer de l’année dernière. 

Parcoursup : une sélection toujours plus dévastatrice 

Le 11 septembre marquera la fin de l’ensemble des phases de Parcoursup pour l’année scolaire 2018/2019 et permettra de faire un bilan global de la plateforme pour cette édition. En revanche, il est déjà possible poser quelques éléments de bilans. Cette année, on comptait 80 000 candidats en plus que l’année dernière dont 11 000 étudiants en réorientation. L’explication du nombre croissant d’étudiant en réorientation est à aller chercher du côté des déçus de Parcoursup de l’année dernière. En effet, il est probable que les candidats de l’année dernière ayant eu un voeux ne correspondant pas à leurs premiers choix aient tenté une nouvelle fois, leur chance cette année. Et mécaniquement si le nombre de candidats augmentent sans pour autant qu’il y ait la création de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, il ne peut y avoir qu’une augmentation de refus sur la plateforme. 

Bien qu’il n’y ait peu d’indicateurs pour nous permettre de faire un bilan précis des affectations, tout laisse à croire que Parcoursup 2e édition a été encore plus dévastatrice que l’édition précédente. 

En plus de la fin de la phase complémentaire de Parcoursup, il y a du nouveau cette année. En effet, c’est cette année que la réforme du bac général et celle du lycée professionnelle vont se mettre en place. 

La réforme du bac général  

À la rentrée des centaines de milliers d’élèves en classe de première vont expérimenter la nouvelle réforme du bac général. Cette réforme prévoit notamment la suppression des filières. C’est la fin des traditionnels S – ES – L, les lycéens sélectionnent directement une partie de leurs matières à travers le choix de spécialités. 

Cette réforme pose de nombreux problèmes. Tout d’abord, elle oblige les lycéens à avoir un projet professionnel, ou du moins scolaire, établis dès la seconde. En effet avec Parcoursup et la sélection à l’entrée de l’université, certaines filières sélectives ont déjà annoncé les spécialités nécessaires afin d’y candidater. Ainsi, les choix effectués par les élèves en seconde leur fermeront de facto des portes. D’autant plus que les passerelles pour passer d’une spécialité à une autre ne sont pas possibles. Or, nous savons que trop bien qu’en seconde les choix professionnels peuvent encore évoluer. D’autant plus quand aujourd’hui aucun moyen n’est mis dans l’orientation permettant à chaque jeune d’établir son propre projet scolaire et professionnel. 

L’un des problèmes, si ce n’est le problème principal que pose cette réforme, c’est la perte du caractère national du diplôme baccalauréat. En lieu et place de l’examen final commun à tous les lycéens, il y aura désormais un contrôle continu propre à chaque lycée et donc un bac par lycée. Cette réforme ne va que faciliter la sélection sociale opérée par Parcoursup. Les lycées les plus réputés accueillant les publics les plus aisés délivreront des bacs mieux “côtés”. Cette réforme ne va qu’amplifier la fracture sociale déjà bien trop présente au sein de l’éducation nationale entre d’une part les lycées dit “d’élites” et d’une autre ceux dit “de périphérie”. 

Un autre problème moins médiatisé, mais que les lycéens vont ressentir dès les premiers jours de la rentrée, c’est celui des chevauchements d’emplois du temps. En effet, les établissements seront dans l’incapacité de proposer des emplois du temps cohérents en fonction des matières choisis par les élèves. Des combinaisons seront structurellement impossibles à mettre en œuvre étant donné que les emplois du temps ne sont pas extensibles à l’infini. De même très peu de lycée en France proposeront l’ensemble des spécialités. Deux cas de figures se posent alors : soit les lycéens devront choisir une autre spécialité, soit ils devront suivre des cours dans un autre établissement ce qui pose encore le problème au niveau des chevauchement d’emplois du temps et surtout en terme de moyens de transport rapide pour pouvoir se rendre d’un établissement à l’autre.

La réforme du lycée professionnel 

Les lycées professionnels ne sont pas épargnés par les différentes réformes Blanquer. 

Premièrement, le gouvernement a décidé de réduire le nombre de places dans certaines filières et a tout bonnement décidé fermer des classes dans certains lycées professionnels. La plus grosse filière concernée par ces fermetures est celle de Gestion-Administration où près d’un quart de ces filières ferment lors de cette rentrée dans toute la France. Cette dernière créée par le fusion de plusieurs filières est d’ailleurs amenée à disparaître.

Deuxièmement, Blanquer a décidé de réduire le nombre d’heures des matières dites générales (français, Histoire, etc). Ce qui aura pour conséquence d’une part de fermer définitivement les portes de l’enseignement supérieurs aux lycéens qui suivent un cursus professionnel. D’une autre d’empêcher la mobilité au travail, en spécialisant toujours plus les filières celles-ci vont cloisonner les lycéens dans un corps de métiers, et sortir de ce corps de métiers deviendra rapidement un parcours du combattant où il faudra probablement suivre plusieurs remises à niveau. 

Toutes ces réformes s’inscrivent dans la même logiques de libéralisation de l’enseignement. Derrière ces réformes, le projet du gouvernement est en réalité de pouvoir faire des économies à tous les postes. Car ce que permettent les réformes du bac pro et général, c’est bien en réalité des suppressions d’heures de cours, plus d’élèves par classe ainsi que des suppression de postes.