Xi Jinping et Macron demandent des pourparlers de paix

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Xi Jinping et Macron demandent des pourparlers de paix

En visite à Pékin durant trois jours, E. Macron semble avoir fait preuve d’une rationalité diplomatique à laquelle nous n’étions pas habitués. Les présidents chinois et français ont appelé à des pourparlers pour la paix.

Un message de paix un peu contradictoire

Cette rencontre permet de renouer le dialogue. Il s’agit de deux pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, qui portent l’héritage d’une tradition d’indépendance. C’est un signal fort qui est envoyé ici. Fort, mais aussi contradictoire, lorsque dans le même temps l’OTAN s’élargit toujours plus — par la Finlande notamment — avec l’aval de la France.

Notons qu’il y a deux mois, la Chine proposait un plan de paix, un document conceptuel sur la sécurité globale. Par-là, elle se plaçait comme le seul État membre permanent du Conseil de Sécurité à privilégier sur solution politique au conflit en Ukraine. 

Indiquant fermement sa vision des relations internationales, le document précisait notamment que pour la Chine « tous les pays, grands ou petits, forts ou faibles, riches ou pauvres, sont des membres égaux de la communauté internationale. »

Certes, les constats sur ce conflit ne sont pas partagés. Pour autant, E. Macron a rappelé qu’il est conscient du rôle majeur que peut jouer Pékin dans des pourparlers :

« La Chine, justement, a proposé un plan de paix, nous l’avons salué. Est-ce que nous nous y retrouvons dans son intégralité ? Non. Néanmoins, il a un intérêt et il montre une volonté de s’engager sur la résolution du conflit. Et donc, s’il ne s’agit pas d’un plan de paix, il s’agit bien d’une volonté d’avoir une responsabilité et d’essayer de bâtir un chemin vers la paix, et je l’espère, de pouvoir participer à des initiatives utiles à la population ukrainienne. »

Des accords de coopération mutuelle

Outre la question de l’Ukraine, d’autres sujets évoqués laissent penser à un sursaut d’indépendance de la diplomatie française, malgré le double discours d’E. Macron.

Des accords ont été signés pour approfondir la coopération dans des domaines tels que l’aviation, l’aérospatiale et l’énergie nucléaire civile, envoyant un message fort contre le découplage économique. Si ceux-ci entrent dans une logique gagnant-gagnant, ils peuvent être salués.

Discussions sur le nucléaire

Il est de bon augure que la question de l’armement nucléaire ait été traitée.

À ce sujet, Xi Jinping indique

« que la Chine était prête à lancer un appel conjoint avec la France pour que la communauté internationale reste rationnelle, fasse preuve de retenue et évite de prendre des mesures qui pourraient aggraver la crise ou même devenir incontrôlable ! »

Ensemble, ils ont appelé à ce que soient honorés les engagements actuels selon lesquels les armes nucléaires ne doivent pas être utilisées. Reste à savoir si des discussions continueront en ce sens, et si la volonté de désarmement multilatéral sera traitée.

Loin de ses discours devant les États africains, E. Macron s’est montré respectueux de la Chine, de ses choix et de sa souveraineté. Ces échanges se démarquent des déclarations actuelles de la Maison-Blanche. 


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