En Ukraine, les troupes russes à Kiev

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Jeudi 24 février, la Fédération de Russie a lancé une opération militaire d’envergure en Ukraine, condamnée et sanctionnée par de nombreux pays.

Opération militaire russe sur le sol ukrainien 

Les combats s’intensifient en Ukraine et dans la capitale, à Kiev. Cela fait suite à la percée des troupes russes dans la région de Kiev depuis la Biélorussie, et la prise du contrôle de Tchernobyl. L’armée ukrainienne a repoussé samedi une offensive sur la capitale. Où les habitants s’entassent dans les stations de métro et dans des abris souterrains pour se protéger des bombardements. Depuis dimanche, de violents combats ont également lieu à Kharkiv, deuxième ville du pays.

Lundi 21 février, Vladimir Poutine a reconnu en direct à la télévision russe l’indépendance des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. Ces deux territoires séparatistes majoritairement russophones du Donbass ont un statut spécial depuis les accords de Minsk de 2015. Dans la nuit même du 21 au 22 février, les chars et l’infanterie russes se sont déployés dans la région orientale de l’Ukraine.

C’est pourtant l’ensemble du territoire ukrainien que cible l’opération militaire depuis jeudi dernier. Les troupes russes ont attaqué simultanément le sol ukrainien depuis Lougansk à l’est, la Crimée au sud et la Biélorussie au nord. Vladimir Poutine a appelé vendredi l’armée ukrainienne à renverser le pouvoir pro-européen en place de Volodymyr Zelensky. Dimanche, le président russe a cependant proposé des pourparlers à l’Ukraine. Qui a accepté, mais qui refuse que ceux-ci aient lieu en Biélorussie. 

Réaction internationale

La grande majorité de la communauté internationale désapprouve l’offensive russe en Ukraine. De nombreuses voix s’élèvent également en Russie contre la guerre. Jeudi, 1700 manifestants ont été arrêtés dans les rues de Moscou, Saint-Pétersbourg et d’autres grandes villes russes. Samedi, le député membre du Parti communiste russe (KPRF, première force d’opposition), Mikhaïl Matveev, a déclaré à la Douma et publié sur Twitter : 

« Je pense que la guerre doit être arrêtée immédiatement. En votant pour la reconnaissance de la DNR et LNR (républiques séparatistes du Donbass), j’ai voté pour la paix, pas pour la guerre. Pour que la Russie devienne un bouclier, pour que le Donbass ne soit pas bombardé, et non pour que Kiev soit bombardée. »

Pour soutenir l’armée ukrainienne, les États-Unis ont annoncé une aide de 350 millions de dollars. De nombreux pays européens dont la France et l’Allemagne ont fait le choix d’envoyer des armes au pouvoir de Kiev. La présence des forces de l’OTAN s’est également renforcée dans la région. Emmanuel Macron a notamment annoncé le déploiement de nouvelles troupes en Roumanie, en première ligne au sud de l’Ukraine. 

L’Union européenne a quant à elle choisi de sanctionner économiquement la Russie. La Commission européenne a annoncé vouloir exclure plusieurs banques russes du système Swift, pièce essentielle de la finance internationale. Les Occidentaux craignent cependant les ripostes économiques russes. C’est notamment le cas de certains pays européens dépendants du gaz, du pétrole ou des céréales russes.

La candidature ukrainienne à l’OTAN

À la source du conflit, le mouvement Euromaidan qui demandait l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne en 2014. Celui-ci a fait tomber le président Ianoukovitch. Les troubles ont conduit à l’annexion de la Crimée par la Russie. Puis à un conflit armé entre des forces séparatistes au Donbass et le pouvoir ukrainien. Après l’obtention d’un cessez-le-feu en 2015, c’est la candidature de l’Ukraine à l’OTAN qui a relancé l’escalade des tensions entre la Russie et les Occidentaux.

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une alliance militaire occidentale centrée autour des intérêts impérialistes des États-Unis d’Amérique. C’est aussi un vestige de la guerre froide. Sa zone d’influence s’étend progressivement aux frontières de la Russie depuis la fin des années 1990. Ce que la Fédération de Russie observe comme une menace.

Pourtant, en 1990, le président américain George H. W. Bush et le vice-chancelier allemand Hans-Dietrich Genscher s’étaient engagés auprès du président soviétique Mikhaïl Gorbatchev à ne jamais élargir l’OTAN plus à l’est et dans les pays de l’ex-URSS. Cette promesse garantissant la sécurité de la future Fédération de Russie fut une des raisons pour lesquelles l’Union soviétique a laissé l’Allemagne se réunifier en octobre 1990. Pourtant, cette promesse a été trahie par l’Occident. Dès 1999, Les États-Unis de Bill Clinton permettent l’adhésion de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque. Puis des pays baltes en 2004, de l’Albanie et de la Croatie en 2009 et de la Macédoine en 2020. En 1991, les frontières de l’OTAN étaient à 1200 km de Saint-Pétersbourg. Elles sont aujourd’hui à seulement 100 km.

Avec la possibilité d’adhésion prochaine de l’Ukraine, les installations militaires atlantistes auraient été directement braquées sur Moscou. C’est pour cette raison que les relations se sont détériorées ces dernières semaines. Vladimir Poutine y a répondu en se positionnant à la frontière ukrainienne et en massant ses troupes.

« Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie ! » a exhorté jeudi matin Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.