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Environnement

Engie sacrifie le climat à l’import de gaz américain

À rebours de la lutte contre le dérèglement climatique, Engie signe des contrats d’achat de gaz naturel liquéfié issu du gaz de schiste aux énergéticiens américains. Le fournisseur français prétend réduire ainsi la dépendance aux approvisionnements de gaz russes.

En s’engageant auprès du producteur NextDecade à importer pendant quinze ans 1,75 million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) chaque année, Engie tourne le dos aux engagements climatiques de la France. Alors que l’État possède près d’un quart de son capital, le groupe revient sur la décision politique prise en 2020 de ne pas signer ce contrat. Pourtant, invoquer la guerre en Ukraine ne tient pas. La durée du contrat comme ses délais de livraison montrent qu’il ne s’agit nullement d’une solution de court terme. Déjà en 2021, un contrat de ce type avec Cheniere Energy a été prolongé.

Le GNL est une forme de gaz naturel, condensé pour être commercialisé. En ce qui concerne le GNL américain, il provient de l’extraction du très controversé gaz de schiste. Sa production pollue les réserves d’eau, augmente les risques de tremblement de terre, et émet du gaz à effet de serre. Non seulement l’empreinte carbone d’un puits de gaz de schiste est supérieure à celle d’un puits conventionnel, mais en plus son extraction est à l’origine de massives fuites de méthane.

Au-delà du danger climatique de ces importations, elles n’aident en rien à l’indépendance énergétique de la France et des pays européens. La dépendance à la Russie est substituée par la dépendance aux États-Unis d’Amérique. Ceux-ci bénéficient ainsi d’un moyen de valoriser leur surproduction de gaz de schiste en l’exportant.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde