Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

L’enjeu du féminisme  

Depuis des mois l’événement était attendu et préparé. La Semaine du Féminisme, organisée depuis plusieurs années par les jeunes et étudiant.e.s communistes vise à donner de la force et de la visibilité aux luttes féministes. Alors que ces dernières prennent une ampleur inédite sur toute la surface du globe (des Etats-Unis à la Pologne en passant par l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Vatican), l’enjeu est énorme.

En France la déflagration politique liée à #BalanceTonPorc et à #Metoo a été particulièrement forte dans la jeunesse, qui est logiquement la frange de la société la plus sensible aux évolutions actuelles. Les rapports de force au sein du milieu étudiant, composé de 57% de femmes contre 43% d’hommes, s’en sont soudain vus transformés.
En réalité depuis plusieurs années chacun.e avait ce sentiment diffus que les choses ne pouvaient plus continuer ainsi. Contre la blague salace d’un enseignant, contre la culture du viol diffusée dans une soirée étudiante, chaque mobilisation se faisait plus massive et plus exigeante que la précédente. Peu à peu, ces indignations, ces mobilisations, ces remises en causes de l’ordre existant se muèrent en une explosion sociale et politique, en un appel ouvert à la révolution féministe.

Notre responsabilité politique pour cette édition 2018 est donc immense. A l’heure actuelle sur des dizaines de campus, de nombreux.se.s camarades donnent de leur temps et de leur énergie pour assumer cette responsabilité. Au contact de dizaines de milliers d’étudiant.e.s, de  syndicats et de nombreuses associations, avant et après le 8 mars, ils et elles portent notre projet politique, communiste et féministe à la fois.

Nous devons aller plus loin. La révolution engagée ne doit pas se limiter à une adresse extérieure et théorique aux étudiant.e.s, mais doit traverser l’ensemble de nos pratiques militantes – de l’adhésion à la prise de responsabilité politique – sur lesquelles nous avions ces dernières années pris un retard lourd de conséquences, à l’image d’une bonne partie du mouvement progressiste.

Soyons-en sûrs en cette veille de 8 mars : maintenant que les femmes se sont levées, rien ne sera plus jamais comme avant. Et dire cela, c’est aussi prendre conscience que toute révolution suscite sa contre-révolution. Pour les masculinistes, leurs allié.e.s et les forces politiques et sociales qui les soutiennent, les derniers mois ont été rudes. N’oublions pas que leur riposte sera à la hauteur de l’offensive. Un dernier argument sans doute, pour poursuivre le travail toute la semaine durant, et au-delà !