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2017 a bien eu lieu

La séquence électorale de 2017 s’achève avec plus de 57% d’abstention et une assemblée renouvelée au trois quarts.

Le Parti Socialiste subit une défaite particulièrement cinglante, sanctionnant peut être moins son bilan lors du précédent quinquennat, que sa division et sa désastreuse campagne présidentielle.

Paradoxalement, c’est parmi ceux qui ont contesté, mollement, les orientations libérales du précédent gouvernement que la défaite est la plus grande. On ne compte qu’un seul réélu parmi les députés « frondeurs ».

La droite loin de profiter de la défaite du Parti Socialiste perd également un grand nombre de sièges, même si elle en perd nettement moins que ne le laissait envisager les résultats du premier tour. Le parti « Les Républicains » a payé tout autant le naufrage de Fillon que son incapacité à se distinguer programmatiquement du camp présidentiel. Ce dernier point a été aggravé par les défections de plusieurs de ses leaders au profit de Macron.

Après une année 2016 marqué par un regain de mobilisation contre la loi Travail, on ne peut que constater l’échec à en tirer une victoire politique, même modeste.

Le principal artisan des réformes économiques du précédent quinquennat a été élu Président et emporte une plus que confortable majorité à l’Assemblée Nationale.

La présence de moins d’une trentaine de députés de la France Insoumise et du PCF ne peut pas nous en consoler. C’est à chacun des forces en présence qu’il revient maintenant de tirer le bilan de leur stratégie respective.

Sans essayer de faire parler les abstentionnistes dont les motivations sont multiples et diverses, il est en revanche possible de tirer les enseignements de l’incapacité de la gauche de progrès à avoir atteint le second tour de l’élection présidentielle. Plus grave encore son incapacité à se rassembler lors du scrutin législatif avec le cruel résultat que l’on connaît aujourd’hui.

Il y a quelques mois, nous écrivions ici que cinq ans c’est long. Nous le pensons toujours. Les cinq prochaines années s’annoncent longues. Le camp du capital dispose d’une large majorité pour ses intérêts. Le premier groupe d’opposition est tout aussi acquis à ces intérêts.

L’extrême droite progresse encore, et bien qu’a priori incapable pour l’instant de former un groupe, elle s’inscrit durablement sur l’échiquier politique malgré ses contradictions. Le camp du progrès est réduit, très réduit et s’annonce déjà divisé.

Aucun progressiste n’a le droit de crier victoire aujourd’hui.

Il ne s’agit pas non plus d’acter la défaite et d’attendre cinq ans la prochaine échéance électoral.  Il y a des luttes à mener, ce gouvernement et sa majorité parlementaire ne doit pas avoir le champ libre. Il est nécessaire de dresser tous les obstacles possibles sur son chemin et saisir toutes les opportunités de contester sa politique.

Ni mort, ni réduit à néant, 2017 a bien eu lieu et les luttes sont devant nous.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde