2eme-journee-lutte-2eme-loi-travailKatia Ben Mohand | Avant-Garde
Social-Eco

2ème journée de lutte contre 2ème Loi Travail

Sans tambour ni trompette, la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances à été promulguée samedi dernier. Faux épilogue d’une des plus grandes offensives contre les droits des salariés.

La loi Travail XXL pas encore dans la loi

Si la loi d’habilitation est désormais adoptée et promulguée, les ordonnances ne seront présentées que vendredi en conseil des ministres. Une fois cette étape faite, il sera de plus nécessaire de faire valider ces mesures par une loi de ratification.

Même s’il s’agira probablement d’une formalité, au vu de la majorité dont dispose le gouvernement à l’Assemblée Nationale, il sera nécessaire de faire adopter une loi de ratification.

Ces étapes sans constituer en elles-mêmes des difficultés majeures pour le gouvernement, peuvent donner le temps au mouvement social d’être amplifié. Après une première date réussie c’est une pluie d’annonces de mobilisation qui a suivie.

De multiples contestations, vers une seule mobilisation ?

La plupart des syndicats de transports routiers ont annoncé des actions à partir du 25 septembre. Bien qu’en ordre dispersé, les opérations escargots et les blocages de dépôts de carburant sont autant d’initiatives avec de forts impacts symboliques.

Pour la première fois en plus de dix ans, un appel unitaire à la mobilisation a été lancé par l’ensemble des syndicats des services publics. Annonçant une grève pour le 10 octobre, les annonces de réductions budgétaires et de suppressions de postes devraient provoquer une large mobilisation.

Le 28 septembre ce sont plusieurs organisations de retraités qui ont appelé à manifester contre la hausse de la CSG venant amputer leur pension.

De l’autre côté du spectre générationnel, le syndicat étudiant, l’UNEF est vent debout contre la baisse des APL ainsi que les annonces de sélection à l’entrée de l’université.

Sans hurler à la convergence des luttes, les potentiels de contestations doivent être gardés en vue.

Le 21 septembre, deuxième date de la CGT

Alors que tout le monde, promettait à la première centrale syndicale de France, un échec de sa date du 12 septembre, cette dernière fut une réussite avec 400 000 manifestants dans toute la France.

Rejoint par Solidaire mais également par une importante partie de FO et même quelques militants de la CFDT, la CGT a largement gagné son pari. L’annonce d’une seconde journée de manifestations et de grèves la veille de la présentation des ordonnances ne devrait pas être un baroud d’honneur.

Auréolé de sa victoire à la présidentielle et de sa large majorité à l’assemblée nationale, le Président Macron semble avoir réussi le tour de force de déclencher une mobilisation d’envergure quelques mois seulement après son sacre.

Il a d’ailleur déclaré  à CNN (chaîne américaine) que :

“La démocratie ce n’est pas la rue. […]Ils [les électeurs français] ont voté pour le changement.”

Cette rhétorique parvient mal à cacher que son élection fut avant tout un rejet de son adversaire et que sa réforme du code du travail ne passe pas dans l’opinion. Alors demain la démocratie s’exprimera dans la rue pour mettre en échec le projet de casse sociale du président Macron.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde