Rédaction | Avant Garde
EDITO

A quelques jours de la date fatidique du 5 décembre, le gouvernement tente de désamorcer la situation

La mobilisation contre la réforme des retraites est devenue le ciment de toutes les contestations des politiques libérales menées par le gouvernement. Après les étudiants qui luttent contre la précarité de leur condition de vie, les gilets jaunes qui veulent pouvoir vivre décemment, les hospitaliers qui réclament de meilleures conditions de travail, le gouvernement dit maintenant à l’ensemble de la population qu’après une vie de dur labeur, ils ne pourront toujours pas vivre dignement. La réforme des retraites est ce qui va raviver la flamme de l’ensemble des mobilisations actuelles. 

Le gouvernement l’a très bien compris et tente, tant bien que mal (plus mal que bien d’ailleurs), d’éteindre certains foyers de la contestation. C’est ainsi que face à une possible mobilisation étudiante contre la précarité qui viendrait se greffer à la journée du 5 décembre, le gouvernement a annoncé le gel des loyers des logements étudiants publics. Si la situation n’était pas aussi dramatique, cette annonce pourrait presque être comique tant elle est grotesque. Le gel de ces loyers ne concerne que 170 000 étudiants sur 2,7 millions. Autrement dit, ce n’est qu’un grain de sable dans un désert. 

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Nous avons des jeunes et des étudiants qui ne savent plus comment faire pour pouvoir joindre les deux bouts, des actifs qui approchent de la retraite sans savoir le montant de leur future pension, des fonctionnaires qui ont vu leur condition de travail se détériorer et plus généralement des salariés qui voient leur pouvoir d’achat diminuer. Et le gouvernement ne jette que des miettes pour tenter de désamorcer la situation. Une preuve de plus, s’il en fallait encore une, que le gouvernement est complètement hors-sol et ne se rend pas compte de l’ampleur de la contestation. Ce qui est dénoncé c’est l’esprit même de la réforme. D’ailleurs, Delevoye lui-même disait : « Ce n’est pas une réforme, mais un projet de société ». En effet, c’est bel et bien un projet de société derrière cette réforme, c’est travailler plus longtemps pour gagner moins, tout cela dans un but unique d’engraisser toujours plus les actionnaires. Ce projet de société c’est celui défendu par Macron depuis son arrivée au pouvoir, c’est celui d’un libéralisme exacerbé qui est prêt à tout pour maximiser les taux de profits. Et le 5 décembre, c’est bien tout ce projet de société qui va être contesté.