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ADP : les soutiens s’accumulent, vers une mise en échec du gouvernement ?

Malgré la plateforme désuète, les soutiens pour la proposition de loi contre la privatisation des aéroports parisiens s’accumulent. La barre de 4,7 millions de signatures est encore loin, mais l’agenda libéral du gouvernement risque le coup d’arrêt. 

Plus de 400 000 soutiens en 15 jours

Le lancement de la campagne de recueil de soutien à la proposition de loi contre la privatisation des aéroports parisiens est plutôt un succès. Pour l’instant, on est très loin des 4,7 millions de signatures nécessaires à la poursuite de la procédure de référendum d’initiative partagée. Cependant, les compteurs officieux qui donnent des estimations quotidiennes font état d’une certaine dynamique. D’après ces derniers, près de 400 000 électrices et électeurs auraient apporté leur soutien à la proposition de loi durant les quinze premiers jours d’ouverture de ce recueil. 

On peut logiquement s’attendre à un rythme en baisse au cours de l’été, mais si on en croit le calcul de Libération, il faut une moyenne de 17 000 soutiens par jours jusqu’au 12 mars 2020 pour atteindre le seuil visé. Une moyenne dépassée pour le moment. Le Conseil constitutionnel devrait annoncer tous les mois le nombre de signataires, ces annonces seront l’occasion de remettre la campagne de collecte au premier plan. En attendant, les parlementaires à l’origine de la procédure continue de se mobiliser pour obtenir les signatures nécessaires. 

Les partis politiques, les syndicats, mais aussi des associations mobilisent également leurs réseau pour continuer à engranger des soutiens. Le large rejet suscité par cette privatisation et les nombreux arguments liés étant mis en avant pour dépasser le caractère très franciliens d’ADP.  

Vers une mise en échec du gouvernement ?

En Ile-de-France, le groupe ADP est l’un des principaux employeurs pesant pour 8 % de l’emploi de la région. Les aéroports représentent des réalités concrètes pour les habitants qui subissent le trafic aérien. C’est également un impact important sur le territoire par l’emprise foncière, que ce soient les pistes ou les milliers d’hectares de terrains possédés par le groupe. ADP est un acteur majeur de l’économie francilienne et représente à ce titre un élément du quotidien de la plupart des Franciliens. 

En dehors de la région, le groupe est bien souvent inconnu, c’est donc une tout autre bataille qu’il faut mener. Les arguments sont loin de manquer cependant. 

Premièrement, la privatisation d’un monopole de fait ne répond à aucune logique. Le groupe possédant l’ensemble des aéroports de la région ne souffre d’aucune concurrence. Paris est de plus l’une des premières destinations touristique mondiale et les aéroports de Roissy et Orly sont également une porte d’entrée sur le reste de l’Europe. Il n’y a absolument aucun risque à détenir les aéroports parisiens qui ont rapporté 173 millions d’euros de dividendes à l’Etat pour l’année 2018. 

Deuxièmement, le trafic aérien est une source importante de pollution, les aéroports parisiens représentent 85 % des passagers en provenance d’Europe et 95 % des passagers extraeuropéens. Le contrôle d’ADP, c’est donc le contrôle du trafic aérien international à destination de la France. Aucune politique de limitation du trafic aérien ne sera réellement possible sans maîtrise publique des aéroports parisiens. À l’heure où l’impératif d’une réelle politique contre le réchauffement climatique se fait de plus en plus sentir, la volonté du gouvernement d’abandonner une telle carte sonne comme un nouveau renoncement en matière environnementale.

Troisièmement, c’est une question démocratique qui est posée par cette privatisation. La majorité présidentielle n’a jamais fait mystère du peu de respect qu’elle accordait aux opinions contraires. À l’Assemblée nationale, elle n’a pas hésité à faire valoir son poids écrasant, même dans les cas où ses décisions étaient très contestées. L’agenda ultralibéral du président n’a ainsi jamais connu de revers majeur depuis le début du quinquennat alors même qu’il suscite une opposition grandissante. Les concessions faites par le Président à la suite de la mobilisation des “gilets jaunes” sont importantes, mais ne portent pas directement sur son agenda politique. Ce référendum est donc une véritable occasion de mettre en échec ce gouvernement et ses politiques ultralibérales. 

Pour signer, c’est toujours par ici : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde