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CULTURE

Belmondo, le décès d’un symbole du cinéma français

Lundi 6 Septembre 2021, Jean-Paul Belmondo s’est éteint à 88 ans, le cinéma français, la France porte le deuil. 

Belmondo, un acteur solidaire

« Pierrot le Fou », « A bout de souffle », « Le professionnel », « Itinéraire d’un enfant gâté », Si on connaît l’acteur à travers les meilleurs œuvres cinématographiques françaises en commençant par Godard et en compagnie des plus grands du cinéma comme Deneuve, Delon ou encore Bourvil ; celui que l’on surnomme Bebel était également une icône solidaire et surtout syndicaliste. 

« Les copains du dimanche » est le premier film de Belmondo tourné en 1957. C’est lorsqu’il était encore étudiant, qu’il rencontra Henri Aisner, recherchant un jeune comédien aux allures non bourgeoises, pour un film commandé par la CGT. Ce film se voulait « célébrer la fraternité ouvrière » d’après Belmondo.

 « […] Le spectacle, ce sont les quelque vingt mille comédiens, acteurs de cinéma, de théâtre, de télé, qui travaillent quand on veut bien leur en donner l’occasion et dont beaucoup ont bien du mal à vivre de leur métier, ce métier qu’ils ont choisi et qu’ils aiment. Et ceux-là, je vous assure, ils ont besoin d’être syndiqués et de se battre pour la vie. J’ai des tas d’amis qui travaillent trois mois par an et moins parfois. Mais il faut manger pendant douze mois. Les sources d’emploi, voilà le problème.».

Voilà ici les valeurs que Jean-Paul Belmondo, président du SFA-CGT, le syndicat français des acteurs  —avec son camarade regretté le grand Michel Piccoli—,  portait de vive voix en 1964 à « La Vie ouvrière », l’hebdo de la CGT.  

“Immergé dans les préoccupations communes”

Dans un ouvrage paru en 2016, Jean-Paul Belmondo revient sur son élection de président du SFA en 1963 et déclare : 

« Je m’étais toujours senti concerné par les combats militants, car il était question de défendre nos droits à une époque où les réalisateurs empochaient toute la gloire, et les producteurs tout le pognon. […] Ma considération pour le métier d’acteur était bien trop grande pour permettre sans broncher qu’on nous dévalue, nous spolie, nous maltraite. […] Il n’était donc pas question de combattre à distance, de loin, sans être immergé dans les préoccupations communes ». 

Si en 1963 Belmondo remue le cinéma par ses engagements, ses combats sont toujours d’actualité car aujourd’hui plus qu’hier sous le quinquennat d’Emmanuel Macron la culture est en danger. De nombreux comédiens et artistes luttent aujourd’hui pour également ne plus être considérés comme « des marques de pâte dentifrice que l’on exploite » comme le disait Belmondo, ou des artistes que l’on paye au lance pierres. C’est contre la réforme de l’assurance chômage, c’est après un an de fermeture des lieux culturels, des cinémas ; que des mouvements comme #RebranchonsLaCulture évoluent sous le prisme d’anciens militants du spectacle comme Jean-Paul Belmondo.

Jean-Paul Belmondo nous aura laissé un héritage unique, nous adressons ainsi au SFA et à sa famille, nos plus sincères condoléances, et saluons encore une fois le militant, l’acteur, l’homme, qu’il était.