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Chronique sociale: embauche des jeunes, maladie professionnelle…

Le Gouvernement va-t-il baisser le salaire des jeunes pour inciter à leur embauche ?

Le changement de Gouvernement a entraîné une suspension des travaux, laissant planer le doute sur une mesure annoncée. Afin de favoriser l’emploi, on connaît la rengaine, il faudrait baisser le « coût du travail ». Les jeunes, particulièrement fragiles pour accéder à l’emploi seront donc les premières cibles de cette mesure.

La mesure consisterait dans des exonérations de cotisations salariales. Mais alors, cela augmentera le salaire net ? Que nenni ! Ces cotisations salariales ne seront tout simplement pas versées par le patron. Il ne sera versé ni au salarié, ni à la sécurité sociale pour financer les besoins de ce même salarié.

Cela s’ajouterait donc aux mesures concernant l’apprentissage [ https://www.lavantgarde.fr/chronique-sociale-lemploi-et-les-salaires-menaces-lapprentissage-davantage-subventionne/ ] avec des aides allant de 5.000 à 8.000 euros pour favoriser l’embauche d’apprentis. Cela représenterait quasiment un coût zéro pour l’entreprise. 

Mais derrière cette mesure se cache en réalité une baisse des salaires. En effet, les exonérations de cotisations représentent une baisse de salaire en ce qu’elles servent à financer de multiples besoins des travailleurs. Ce que l’on nomme habituellement du salaire socialisé. C’est par la cotisation sociale que l’on peut financer le système de santé et d’indemnisation pour les accidents et maladies, les retraites de nos vieux et les allocations familiales.

Par conséquent c’est aussi un nouvel affaiblissement de la sécurité sociale déjà largement fragilisée. Ce qui ouvre la porte à de nouvelles attaques sur les différentes prestations de sécurité sociale. La méthode est connue, on réduit les financements puis l’on nous expliquer qu’il n’y a pas « d’argent magique ».

C’est enfin un autre moyen de faire payer la crise aux jeunes travailleurs. La diminution d’une part substantielle du salaire emporte en conséquence une augmentation de la rémunération du capital, alors même que c’est bien la gestion capitaliste de l’économie qui est cause de la crise.

Le coronavirus reconnu comme maladie professionnelle ?

Exemple de l’utilité et de la nécessité d’une sécurité sociale forte aux financements suffisants : indemniser les salariés qui tombent malades au travail. Dans le cadre de la pandémie, la sécurité sociale, et plus largement les dispositifs de protection sociale, ont été un rempart essentiel dans la gestion de cette crise. 

Entrerait donc prochainement dans les maladies professionnelles le coronavirus. Les tergiversations durent depuis quelques temps, on avait notamment entendu parler d’une telle reconnaissance pour les soignants uniquement. 

Désormais il s’agirait d’une reconnaissance automatique pour les soignants et facilitée pour les autres travailleurs. A la condition d’avoir contracté une forme grave nécessitant une assistance respiratoire.

Une décision qui provoque une réaction mitigée des organisations syndicales. La CGT exprime son incompréhension face au choix de prendre en charge seulement les formes graves alors que l’infection qui a eu lieu du fait d’une exposition au travail peut entraîner des conséquences médicales et des arrêts de travail sans aller jusqu’à l’intubation.

On sent donc le Gouvernement fragile sur la recherche d’un équilibre entre reconnaissance nécessaire du coronavirus comme maladie professionnelle, ce qui est difficilement contestable en particulier pour les personnels de santé (soignants mais aussi les agents d’entretien), et limiter cette reconnaissance pour limiter les dépenses.