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Chronique sociale : formation professionnelle, dialogue social et droit à l’énergie

Je vous propose de revenir régulièrement vous présenter les dernières actualités sociales. Un moyen de rapidement s’informer des évolutions en cours ou à venir.

Formation : promotion des plus diplômés (CEREQ)

Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), centre sous la double tutelle du ministère chargé de l’éducation et du ministère chargé de l’emploi, a récemment publié une note concernant le lien entre la formation professionnelle continue et la promotion. Le constat est assez sévère : les premiers bénéficiaires de la formation professionnelle et des promotions, sont les salarié·e·s qui sont déjà les plus diplômé·e·s et les plus formé·e·s.

Le Céreq a ainsi identifié cinq parcours : la promotion fonctionnelle, qui a pour objectif d’accéder à un emploi mieux rémunéré et plus intéressant ; la promotion non formalisée, pour les salariés satisfaits de leur situation, mais qui peuvent évoluer un emploi mieux rémunéré ; le parcours établi, pour les salariés satisfaits ; les parcours bloqués, souvent sur des travaux pénibles et mal rémunérés ; et les parcours heurtés, souvent sur des temps de travail contraints ou des salarié·e·s qui ont subi des changements dans leur travail. Alors que ce sont les deux derniers parcours où l’on trouve des salarié·e·s souhaitant bénéficier d’une formation (respectivement 70 % et 77 %), ce sont elles et eux qui ont le plus de difficultés à accéder à une formation. Ainsi, les travailleuses et travailleurs qui ont eu des difficultés lors de leur scolarité, sont celles et ceux qui ont le plus de difficultés à reprendre une formation et à pouvoir évoluer professionnellement bien que ce soit leur souhait.

La loi liberté de choisir son avenir professionnel, qui réforme l’ensemble du système de formation professionnelle va achever le blocage des parcours en faisant de celle-ci un marché ultra concurrentiel avec la recherche du moindre coût par les entreprises.

Le dialogue social se développe dans les TPE-PME

C’est en tout cas ce que pense Muriel Pénicaud. Pour affirmer cela, elle se fonde sur la création des 23 700 CSE au 31 mars et l’objectif de 30 000 CSE d’ici à la fin de l’année. Ce qui représente trois quarts des entreprises assujetties à l’obligation, ce qui est bien peu. Par ailleurs, il ne suffit pas d’avoir un CSE pour qu’il y ait du « dialogue », quand on sait le peu de moyens dont dispose la représentation du personnel suite à la mise en place de cette nouvelle instance : perte d’un tiers des élus, concentration des crédits d’heures, perte de droits, ordres du jour et réunions à rallonge, déconnexion des élus et du personnel, etc.

Autre élément qui fait dire à la ministre que le dialogue social est en pleine forme dans les TPE et PME, c’est que ces entreprises se seraient particulièrement bien saisies des ruptures conventionnelles collectives, c’est-à-dire des accords collectifs prévoyant les conditions d’une multitudes de départs « volontaires » de l’entreprise, et les accords de performance collective, c’est-à-dire des accords permettant de diminuer la rémunération et d’augmenter le temps de travail des salarié·e·s sans possibilité de refuser cette modification de leur contrat de travail sous peine d’un licenciement automatiquement justifié du fait de l’accord. 120 entreprises ont utilisé le premier dispositif et 142 le second.

Conclusion, on peut licencier de manière plus ou moins déguisée avec l’aval de certains syndicats, signe que le dialogue existe. Et on le comprend quand la vision que Muriel Pénicaud porte du dialogue social est celle de l’accompagnement des mesures patronales par des syndicats de collaboration de classe.

La FNME CGT en campagne pour le droit à l’énergie et pour les services publics

C’est une campagne ambitieuse. D’abord, pour l’ampleur du dispositif déployé — une caravane de quatre camions aux couleurs de la FNME-CGT qui va sillonner quinze villes de France pendant trois semaines dans le but de mobiliser salariés, militants, citoyens-usagers et élus locaux. Également d’envergure, le projet politique porté par ce Tour de France de la FNME-CGT : la conquête d’un service public de l’énergie d’intérêt général.

« Un service public qui réponde aux besoins des usagers et non des actionnaires, qui soit le garant de la cohésion sociale, de l’égalité de traitement, de la solidarité sur l’ensemble du territoire et de la protection de l’environnement pour la meilleure qualité au moindre coût »

a détaillé Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME-CGT en conférence de presse.

S’inscrivant de plain-pied dans le contexte de mobilisation citoyenne autour du pouvoir d’achat, la fédération entend faire connaître ses propositions pour une énergie de qualité, accessible à tous. Parmi elles, celle de la baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % appliquée à la facture de l’usager, qui se traduirait un gain de pouvoir d’achat immédiat et significatif, sera portée haut et fort tout au long de la campagne.