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CNOUS : après un budget à deux balles, un budget à trois balles !

Cette semaine, Alain Bruneel, député de la 16ème circonscription du Nord, a interpellé à l’Assemblée Nationale la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal,  sur la précarité étudiante et l’état des résidences universitaires. Cafards, moisissures, humidité, sont les conditions de vie de nombre d’étudiants et d’étudiantes. 

Pour la Ministre, ce serait ce Gouvernement qui aurait débloqué les moyens pour la réhabilitation des résidences étudiantes. Mais quels moyens ? Avec son plan de relance le Gouvernement n’a augmenté que de 50 % à peine le budget dérisoire du CNOUS, le faisant passer de 450 millions d’euros à seulement  700 millions d’euros. 

La ministre pointe du doigt l’inaction de certaines régions quant à la réhabilitation des résidences étudiantes. C’est prendre le problème à l’envers. Le  Gouvernement se décharge une fois de plus sur les collectivités territoriales en refusant d’investir massivement dans le CNOUS. 

Pourtant il y a urgence. 

Aujourd’hui il y a 2,7 millions d’étudiants et d’étudiantes en France, pour seulement 170 000 résidences étudiantes, et  une grande partie de ces logements sont  insalubres. Il faut mettre les moyens nécessaires, à l’échelle de l’Etat,  pour d’une part rénover les résidences étudiantes, mais surtout permettre à chaque étudiant d’y accéder. Le  logement constitue le premier poste de dépense des étudiants et des étudiantes, ouvrir des places, construire des résidences  permettrait de les sortir des logiques de marché. 

Au-delà de ça, les services des CROUS ne s’arrêtent pas au logement, il y a aussi la question de la restauration universitaire. Si le Gouvernement a mis en place les tickets repas à 1€, ceux-ci sont financés par la CVEC, c’est-à-dire par les étudiants et les étudiantes. Investir dans le CNOUS permettrait de changer de mode de financement des repas mais également d’ouvrir davantage de restaurants universitaires et ce à proximité de chaque campus. 

Augmenter véritablement le budget des CROUS permettrait également de garantir un accès à chaque étudiant au sport et à la culture et ce à bas coût. Il s’agit d’activités essentielles à l’émancipation, que nombre d’étudiants et d’étudiantes ne peuvent mener en raison de leur précarité. 

Le Gouvernement dit que l’Etat  fait beaucoup pour les étudiants et les étudiantes.  Pourtant les chiffres parlent d’eux même : les comptes ne sont pas bons.  Il faut sortir des logiques comptables et libérales afin d’offrir aux étudiants et étudiantes des services du CROUS à la hauteur.