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INTERNATIONAL

En Colombie, les jeunes communistes se battent pour la Paix

Pour célébrer cette journée internationale de la paix, nous nous sommes entretenu avec Iván Darío Ogeda Castrillón, militant à la Jeunesse Communiste de Colombie (JUCO). Particulièrement investi sur la question des droits de l’homme, il nous explique la campagne « Embrasse la Paix » menée par la JUCO pour promouvoir les accords de Paix avec les FARC.

Le défi de la Paix

Les accords de paix conclus à La Havane entre le président Santos et la guérilla des FARC ont été rejetés lors d’un référendum, d’une courte majorité. La droite la plus réactionnaire, aidée par l’Eglise catholique avait tout fait pour les bloquer.

Aujourd’hui ces accords ont été modifiés, en tenant compte des critiques de l’opposition, puis ratifiés par le congrès colombien. Cependant, l’idée de la paix reste un combat dans un pays meurtri depuis des décennies par la guerre. Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies recense ainsi près de 7,4 millions de déplacés sur le territoire national.

Iván Darío raconte comment la JUCO s’y prend pour défendre la nécessité des accords de paix auprès des jeunes.  Dans les universités, les JUCO organisent des forums dans lesquels sont invités aussi bien des représentants de l’Etat, des membres de la société civile, que d’anciens guérilleros afin d’entamer le processus de réconciliation.

Dans les quartiers, de la même manière, des projections et des initiatives culturelles autour de la paix sont organisées. La JUCO développe une pédagogie de la paix à destination des étudiants, des jeunes travailleurs mais aussi des paysans.

Ces derniers sont les premières victimes du conflit. La JUCO s’emploie donc à travailler de concert avec les organisations paysannes pour la paix, mais aussi pour le respect des droits de l’homme.

La campagne, qui représente selon Iván Darío, « le principal défi de notre époque », gagne en importance et dépasse désormais les milieux communistes.

Parallèlement, la JUCO organise des initiatives de solidarité concrète envers les anciens combattants des FARC. Les jeunes communistes colombiens vont ainsi régulièrement dans les zones de transitions dans lesquelles vivent les ex-guérilleros pour les aider à revenir à la vie civile.

Le respect des droits de l’homme, l’autre enjeu de la paix

La JUCO est très engagée dans la lutte pour le respect des droits de l’homme alors que la Colombie reste un pays très violent. Les assassinats politiques n’y sont pas rares et plusieurs guérillas, groupes paramilitaires et narcotrafiquants restent actifs.

Les jeunes communistes de Colombie ont donc débuté un gigantesque travail pour apporter une contribution à la Commission nationale des droits de l’homme. Leur objectif est de produire une enquête de qualité universitaire sur la place des jeunes dans le conflit colombien.

Le travail s’annonce aussi titanesque que la tâche est ambitieuse. Ce projet de recensement de toutes les atrocités subies par les jeunes au cours du conflit passionne Iván Darío qui détaille :

« Il faut une méthode très rigoureuse pour arriver à un bon résultat. Il est nécessaire de caractériser et systématiser les jeunes pour observer leur place dans le conflit. Il faut recenser les assassinats, les perquisitions, les exils et les déplacements.

Nous avons l’intention de mettre en place un groupe national, avec des jeunes mais aussi des professionnels. Il s’agit de construire la mémoire historique du pays.

Nous sommes en lien avec plusieurs acteurs publics qui se sont engagés à nous laisser accéder à leurs données. Nous travaillons également avec le « Defensoría » (NDLR : sorte de Défenseur des Droits en Colombie).

Ce recueil d’information permettra une meilleure défense des droits de l’Homme, mais aussi de donner les clefs de compréhension du conflit colombien. »

Il invite d’ailleurs tous ceux qui sont intéressés, en Colombie et ailleurs, à venir l’aider.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde