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La confédération européenne des syndicats dénonce le coût du capital

La confédération européenne des syndicats a dénoncé mardi dernier dans un communiqué de presse le poids du capital sur les salaires et l’économie.

La part des salaires dans le PIB indicateur de la répartition de la valeur

La confédération européenne s’est livrée à un calcul relativement simple. Constatant la baisse constante depuis le milieu des années 70 de la part des salaires dans le PIB, la CES a calculé quels seraient les gains de salaires si on revenait aujourd’hui à la part des salaires dans le PIB en 1990.

Le calcul est simpliste puisqu’il ne tient pas compte des éventuelles modifications de la fiscalité ou des autres formes de redistribution de richesse. Dans l’hypothèse où la part des prélèvements obligatoires aurait augmenté sur la même période pour une redistribution, la baisse de la part des salaires ne serait pas nécessairement si grave. Toutefois les résultats sont éloquents et permettent de donner un aperçu rapide de la valeur dont sont privés les travailleurs au sein de l’Union européenne.

La CES, a d’ailleurs conscience des limites de son calcul qu’elle balaie par la voix de sa secrétaire confédérale Esther Lynch :

« Les entreprises gardent une part plus importante de leurs bénéfices au détriment des salaires. Ce ne serait pas si grave si ces bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise et la formation des travailleurs mais on constate que la part des investissements dans le PIB a également diminué. »

Les travailleurs de l’UE grands perdants

Toujours est il que pour les travailleurs de l’UE selon ce calcul c’est 1764€ en moyenne par an qui sont perdus au principal profit du capital.  Une somme qui grimpe encore si on fait le cumul au fil des ans. Autant d’argent qui bien souvent n’a pas pu servir à faire tourner l’économie. Autant d’argent qui aurait pu servir aux travailleurs de l’UE à répondre à leurs besoins.

Pourtant la comparaison retenue par la CES modère déjà fortement cet écart. Car si aujourd’hui les salaires représentent 63% du PIB de l’UE contre 66% au début des années 90, cette part était de 72% en 1975.

Les écarts sont également bien différents selon les pays. La confédération européenne a fait le calcul pour quelques pays. Ainsi les gains pour les travailleurs allemands seraient de 2806€ contre 1890€ au Portugal et montent jusqu’à 4107€ en République Tchèque. Dans ce dernier pays, la part des salaires dans le PIB en 2017 ne compte que pour 53,5%, la Pologne fait à peine mieux à 54,7%. La moyenne au sein de l’UE est à 62,9%.

La secrétaire de la confédération conclut :

« Les responsables politiques et les économistes s’inquiètent souvent des coûts salariaux mais, depuis au moins 25 ans, le vrai problème porte sur les coûts du capital : le montant versé aux actionnaires. La réponse à cette situation est de relancer la négociation collective en faveur de salaires plus justes. »

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde