dalkia-salaries-greve-reconnaissance-de-penibiliteDorian Mellot | Avant Garde
Social-Eco

Dalkia: les salariés en grève pour la reconnaissance de la pénibilité

Ils étaient une vingtaine jeudi 15 février devant la direction régionale de Dalkia à Vaulx-en-Velin – La Soie. CGT et CFDT réunis pour exprimer le ras-le-bol de ces prestataires sur les sites nucléaires d’EDF.

Derrière les masques de pigeons et de moutons qu’ils arborent, ce sont des salariés déterminés à amplifier et à durcir le mouvement de grève entamé à la mi-janvier.

Un management et un stress insoutenables

Dalkia vient de d’obtenir de nouveaux contrats dans le nucléaire et souhaite élargir son implantation en France pour intervenir sur les centrales d’EDF (Dalkia est une filiale d’EDF qui possède 100% de son capital – NDLR). Dans ce contexte de développement, la société refuse de prendre en compte les besoins de ses salariés, soumis à la pression de leur direction et du donneur d’ordre unique.

Le management dans l’entreprise est particulièrement intrusif et autoritaire. Les syndicats dénoncent: des «enquêtes vie privée», des «pressions omniprésentes de la hiérarchie», une tolérance 0 sur les erreurs possibles et usage intempestifs de sanctions. En seulement deux ans, la société a distribués quatre mises à pied, deux mises à pied à titre conservatoire, deux licenciements et des avertissements à la pelle !

Les salariés veulent voir la pénibilité reconnue

Outre la mise sous pression opérée par leur hiérarchie, les salariés subissent la pression de leur environnement de travail. En effet, ils travaillent essentiellement sur des sites nucléaires et sont donc soumis à des normes de sécurité ne leur permettant pas de manger où ils veulent, à un rythme soutenu avec le port d’outils et de pièces de rechanges (environ 10 à 15 kilomètres par jour), les obligeant à des déplacements importants (ils évaluent leurs trajets moyens à environ deux heures par jour sur leur temps personnel pour rejoindre les différents sites d’intervention) et l’enchaînement d’activités (environ six dossiers par jour sur la sûreté nucléaire).

Face à cette situation, ils ne reçoivent aucun soutien de la direction. Les syndicats revendiquent donc de mettre fin au management autoritaire et veulent que soit reconnu la pénibilité de leurs conditions de travail, comme c’est le cas chez d’autres sous-traitants d’EDF, et une augmentation de leurs salaires par l’attribution d’une prime de contrainte de 300 euros par mois prenant en compte, notamment, une revalorisation de la prime de panier (il reste encore 5 euros par jour à la charge des techniciens qui sont en intervention)