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“Nous devons lutter pour l’humanité, notre avenir et nos rêves” : les jeunes communistes argentins tiennent leur XIVème congrès

La Fédération des jeunes communistes d’Argentine- FJC tient son XIVème congrès à partir d’aujourd’hui. A cette occasion, son secrétaire général Ariel Elger présente le bilan, les défis et forces de son organisation dans le moment actuel.

Traduction de l’article publié dans Nuestra Propuesta, journal du Parti communiste d’Argentine.

Quel bilan tire la FJC de ces deux ans de constructions dans la résistance au macrisme et, dans ce contexte, comment l’organisation arrive-t-elle à ce XIVème congrès ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Macri [NdlR : le président argentin], l’arrivée au pouvoir de la PDGcratie, de l’impérialisme aux commandes et appliquant ses plans à travers le gouvernement national, la Jeunesse communiste d’Argentine travaille à impulser la lutte du camp populaire, une résistance organisée, une articulation de l’unité face à cette nouvelle offensive néolibérale, privatisatrice, répressive et austéritaire. Au cours de ces deux années de mandat, nous avons fourni de grands efforts pour être dans les conflits sociaux, pour organiser la jeunesse argentine ; mais aussi pour créer un degré d’articulation continentale des jeunesses révolutionnaires, communistes et anticapitalistes pour, face au plan de l’empire, qui est le même dans tout le continent, construire le plan des révolutionnaires, de la jeunesse révolutionnaire : plan contre plan.

Durant ces deux années, nous avons acquis beaucoup d’expérience, mais il reste beaucoup à faire. Cela fait partie du débat du XIVè congrès : déterminer comment mieux mobiliser et organiser la jeunesse argentine, le mouvement étudiant, les jeunes du territoire, de la diversité, des différents genres, des jeunes agressés qui sont agressés par cette politique d’ajustement structurel, de livraison du pays et de répression, et que ceux-ci puissent se mobiliser, s’organiser et lutter.

Qu’attends-tu de ce nouveau congrès ?

L’attente de la jeunesse pour ce XIVè congrès est de lancer un débat et de réaliser actualisation politique, mais il y a surtout une volonté d’aller franchement au combat, de récupérer la mystique révolutionnaire du Che – dont nous célébrons les 90 ans de la naissance – et du Negrito Avellaneda [1]. Nous avons l’ambition d’être à l’impulsion des luttes des jeunes, de nous lancer dans la conquête de la direction du mouvement des masses avec un contenu politique clair de résistance et, à partir de cette lutte sociale, de créer une alternative politique qui puisse non seulement vaincre ce gouvernement et cette droite néocoloniale, mais aussi proposer un programme de progrès qui mette l’Argentine sur le meilleur chemin du mouvement indépendantiste et dans la construction du post-capitalisme, du socialisme et du communisme comme seul système d’émancipation de notre classe et d’élimination de tout type d’oppression.

Quels sont les défis de la FJC pour ce congrès ?

Le grand défi des jeunes communistes est de déterminer comment nous renforcer, grandir et nous développer, comment impulser la lutte sociale, comment créer le front de jeunesse et dépasser la fragmentation. Nous voulons être mieux implantés chez les étudiants du secondaire, de l’enseignement, des filières techniques et des universités, ainsi que chez les jeunes travailleurs, qui sont nombreux à avoir perdu leur emploi ou font face à une forte précarisation.

Le gouvernement cherche à nous flexibiliser encore davantage, par exemple avec son idée d’entrepreneuriat, qui n’est pas seulement l’idée du salut individuel, mais aussi la naturalisation de la flexibilité laborale, où chacun doit faire ses propres contributions à l’oeuvre sociale et aux retraites, sans que les entreprises ne prenne rien en charge. En fin de compte, cette jeunesse entrepreneuriale n’est rien d’autre que productrice à plus ou moins grande échelle et donc autoexploitée. C’est là que nous devons impulser la lutte et freiner les politiques du macrisme, en générant une accumulation révolutionnaire, qui mette en évidence qu’il n’y a pas de perspective pour les jeunes dans la voie capitaliste.

Quelles sont les principales forces de la FJC pour faire face à la droite au gouvernement en Argentine et qui avance dans la région ?

La Fédé est une organisation de 97 ans, le 12 avril nous fêtions notre anniversaire. Nous avons donc une grande expérience accumulée, avec des cadres dans tout le pays qui ont discuté, échangé, proposé et développé des plans politiques. C’est une jeunesse consciente des dangers auxquels face l’humanité avec les agressions impériales, la liquidation progressive des biens nécessaires à l’existence-même de la vie humaine : pillage de l’eau, du pétrole, de la biodiversité, des aliments. C’est une jeunesse qui sait que seuls, nous ne pouvons pas produire les transformations nécessaires, que nous avons besoin de l’unité de notre peuple pour construire ce Front de libération nationale et sociale.

Ceci est d’autant plus vrai dans un moment aussi difficile pour l’Argentine, où nous avons de nouveaux des prisonniers politiques, où la gâchette redevient facile, où se renforcent la stigmatisation et la répression de nos jeunes, où ressurgissent la misère, le chômage et la faim pour des milliers d’entre eux. La Fédé a une force morale, organique qui fait que nous allons résoudre nos faiblesses collectivement, avec initiative et unité, avec notre peuple.

Quel message enverrais-tu aux jeunes d’aujourd’hui ?

La FJC appelle la jeunesse argentine, la jeunesse latino-américaine, la jeunesse du monde entier à lutter pour notre humanité, notre avenir, nos rêves; à lutter pour qu’il n’y ait plus de féminicides, de travesticides; pour qu’il n’y ait plus d’enfants qui meurent de faim, de jeunes qui doivent émigrer ou abandonner leurs études pour trouver du travail, pour que les jeunes n’aient plus à mourir dans des ateliers clandestins, dans des travaux d’exploitation et de précarité laborale.

La jeunesse, la FJC lance un appel à l’unité pour nos lendemains, notre avenir ; pour lutter et rêver de tout ce que nous méritons, tout ce que nous voulons, et construire un monde où puissent exister tous les mondes ; où pour tous il y ait du pain ; où la beauté soit pour tous ; où les êtres humaines ne soient pas des loups les uns pour les autres mais des frères et soeurs, dans une société d’égaux.

[1] Floreal Avellaneda, lycéen et militant de la FJC, enlevé avec ses parents par l’armée argentine en 1976 à l’âge de 14 ans. Assassiné lors d’un “vol de la mort”, son cadavre fut par la suite récupéré par l’armée de la dictature uruguayenne, qui le fit disparaître.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde