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EDITO

Donald Trump : un départ à l’image de son mandat

Depuis le résultat des élections américaines, le président sur le départ Donald Trump refuse d’admettre sa défaite. Voilà trois mois maintenant qu’il dénonce un complot contre sa personne alimentant ses réseaux de fanatiques les plus extrêmes. 

Depuis son compte twitter, il a été jusqu’à appeler à une manifestation devant le Capitole lors de la session du congrès qui devait confirmer la victoire de son opposant démocrate : Joe Biden. Des milliers de militants d’extrême droite ont afflué des quatre coins du pays. Lors de ce rassemblement, une poignée de militants a pris d’assaut le Capitole, obligeant les sénateurs présents à être exfiltrés par la sécurité du bâtiment. Le résultat est lourd : quatre morts et un sacré revers pour la démocratie. 

Comment est-il possible qu’une poignée d’hommes et de femmes aient pu prendre d’assaut le bâtiment ? Les défaillances ou négligences de la sécurité ont bien failli faire plonger le pays dans des années bien sombres. 

Face à cette tentative de coup d’État, l’heure doit être aux soutiens et à l’engagement au sein des forces progressistes du pays. Cet acte est symptomatique d’une démocratie malade, à bout de souffle, tout juste capable de maintenir l’ordre établi. 

Les résurgences de ce que l’extrême droite américaine fait de plus mauvais n’est pas une opposition au système mais bien le fruit d’un système qui a permis à Donald Trump d’être Président. Ces quatre ans ont légitimé et renforcé les forces fascistes. 

En France, Donald Trump a trouvé ses premiers supporters dans  les représentants du Rassemblement National, Marine Le Pen en tête. 

L’extrême droite a montré là sa réelle vision des institutions démocratiques. Aux Etats-Unis comme en France, le fascisme n’a que faire de la démocratie et de la République.  

Suite à cette tentative de coup d’État, Twitter a banni Donald Trump de ses réseaux. Il aura fallu attendre un bouleversement des institutions sans précédent pour qu’enfin soit remis en cause la libre circulation des idées nauséabondes et dangereuses du président d’extrême droite. Les propos de l’hôte de la maison blanche ne sont pas de la liberté d’expression mais des appels à la haine et au repli sur soi. 

Le plus inquiétant dans cette histoire, c’est qu’il aura fallu attendre que la décision viennent unilatéralement des GAFAM pour enfin faire le choix de le bannir. Comment se fait-il que ce sont ces géants du numérique qui décident de ce qu’est la liberté d’expression, pourquoi n’existe pas ou trop peu de contrôle démocratique de l’expression sur les réseaux sociaux ? 

Le fascisme, l’obscurantisme et toutes leurs idéologies nauséabondes n’ont rien à faire dans le débat public. Dans les médias comme sur les réseaux sociaux, les idées répugnantes doivent être bannies. 

En revanche, ce n’est pas aux géants d’internet de modérer l’espace public. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place un système juridique et des organismes de contrôle dotés de moyens suffisants. 

Le fascisme n’est pas une opinion, c’est tout le contraire. La route pour le faire disparaître du débat public est encore longue. Face à la résurgence de la bête immonde, l’heure doit être à l’engagement dans les forces de résistances et de progrès.