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Edito : Mélenchon, Wauquiez et Le Pen contre le Système et le parti médiatique ?

Alors que les élections en Italie, ont été une fois de plus l’occasion pour nos éditorialistes de commenter la montée, (inexorable, inquiétante, etc) du populisme au sein de l’Union Européenne, les médias sont sous le feu des critiques.

Il n’est pas inhabituel que ces derniers soient accusés de tous les maux. Ces critiques sont loin d’être sans fondement d’ailleurs. Sans généraliser sur les actrices et acteurs, qui sont d’une très grande diversité, il existe une certaine promiscuité idéologique des principaux éditorialistes qui tendent à transformer la pluralité de la presse en une triste farce.

On aurait cependant tort de mettre la pigiste dans le même panier que le tout puissant rédacteur en chef. La critique des médias est saine et la réaction quasi-épidermique des grands titres à toute remise en question la nourrit. Cependant, comme dans beaucoup de chose l’art et la manière comptent autant que le message, et l’outrance est l’ennemi de l’efficacité.

Il est facile pour les grands quotidiens nationaux, dont l’écho dépasse largement les ventes de leurs titres, de s’amuser de voir Jean-Luc Mélenchon venir au secours de Laurent Wauquiez dans une diatribe dont la violence n’a rien à envier à celle de Marine Le Pen. Ces éditorialistes honnis, ce “parti médiatique”, ce “système”, manient trop bien le verbe et sont bien trop adroits pour manquer une telle occasion.

Pourtant ce serait se tromper lourdement de penser idiot, bête ou maladroit, les ténors politiques de l’opposition. Les trois forces politiques représentées par ces dirigeants de partis, étaient toutes dans le dernier carré de l’élection présidentielle. Ces trois partis, qu’on ne s’amusera pas à mettre dans le même sac, représentaient plus d’un vote sur deux en 2017, à l’élection présidentielle. Ni MM. Mélenchon et Wauquiez ni Mme Le Pen ne sont des idiots.

Pourtant ils s’acharnent à dénoncer, pour des raisons différentes, l’acharnement des médias à leur encontre et se livrent plus largement à une critique virulente d’un “quatrième pouvoir”, selon eux bien proche du premier. Ce faisant, ils le font de la manière la plus brutale possible qui semble toujours leur revenir dans la figure. Pourtant on l’a vu ils ne sont pas les obscures représentants de micro-forces politiques dont l’exubérance est le seul moyen de faire parler d’eux.

Forts de leurs succès électoraux, de leur implantation plus ou moins conséquente dans les institutions, ces trois responsables politiques pourraient déployer une parole posée, ils continueraient d’être invités sur les plateaux télé.

L’explication avancée par les médias conspués, seraient qu’ils pratiqueraient tous trois une forme de populisme visant à se faire passer pour les héros du “nous” contre “eux”, “eux” étant incarné par les médias. Les médias seraient ainsi davantage l’avatar d’un “système” plutôt que l’ensemble des institutions, forces armées de répression comprises. Ces institutions dont les trois ennemis, car ils le sont, cherchent chacun à apparaître comme le défenseur ultime.

Il est probable qu’en partie cette analyse soit vraie, qu’il y ait une recherche d’identification d’une majorité derrière eux. N’est ce pas le but de tout représentant politique ?

L’outrance et la violence ne sont pas expliquées. Sauf à considérer que “le peuple” est par nature bête et violent et ne peut se retrouver que dans une représentation caricaturale.

Il semble qu’en réalité la critique médiatique sur la forme des propos et leur supposée nature soit le meilleur amplificateur possible. Jean-Luc Mélenchon, n’a ainsi juste qu’à publier une punchline bien sentie contre les médias pour voir son blog, aux audiences déjà conséquentes, repris par l’ensemble de la presse. Il est plus facile de trouver un article sur les accusations de Marine Le Pen contre les médias, qu’à propos des affaires judiciaires dans lesquelles elle est prise et qui sont à l’origine de ses déclarations. Les déclarations de Laurent Wauquiez ont davantage été commentées sur leur contexte et leur arrivée dans les médias que sur leur contenu.

Finalement, le meilleur moyen d’être dans le “système” semble être de crier qu’on est contre lui.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde