Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’Edito du mercredi par Antoine Guerreiro

De la Loi Travail aux stages, une même politique à combattre

Depuis lundi contre la Loi Travail, les grèves et actions coups-de-poing fleurissent dans tout le pays. Sur les axes routiers, devant les raffineries et les dépôts d’essence, les syndicalistes assument jusqu’au bout leur opposition. Signées par Macron ou pas, les ordonnances trouveront donc face à elles une forte résistance du monde du travail.

Chez les étudiant.e.s et dans la jeunesse, la solidarité avec les salarié.e.s mobilisé.e.s doit être totale. Toute la réussite du mouvement dépend de la solidité des piquets de grève, de la massification des cortèges syndicaux. Sur les campus, notre mobilisation doit donc s’inscrire en soutien à leur action, en pleine compréhension de cette nécessité politique fondamentale : dans la lutte pour la liberté au travail, c’est aux travailleur.se.s de marcher les premier.e.s.

Du reste, les ponts à construire entre étudiant.e.s et travailleur.se.s sont nombreux. La plupart des entraves que nos aîné.e.s rencontrent sur le marché du travail, nous devons aussi y faire face lors de la période d’études. Au travers des jobs en tout genre mais aussi des stages, les étudiant.e.s sont confronté.e.s tout comme les salarié.e.s au manque de reconnaissance, de protection et d’efficacité du travail.

Tout comme les salarié.e.s, nous aspirons à travailler, à faire davantage de stages pour accroître notre expérience professionnelle et nos qualifications. Pourtant le patronat nous en empêche, en bloquant les embauches, en tassant les salaires et en désorganisant le marché du travail, Pour ce qui nous concerne, nous voulons changer le rapport des étudiant.e.s au travail, en changeant les stages.

Il faut libérer l’offre de stages, en supprimant les blocages. Nous voulons un taux légal minimum de 2% de stagiaires, pour chaque entreprise (ou administration) de plus de 50 salarié.e.s. Nous voulons l’obligation pour les établissements du supérieur de fournir un stage à leurs étudiant.e.s, lorsque ce dernier est obligatoire pour valider le cursus.

Il faut payer le travail à sa juste valeur, en récupérant l’argent qui nous revient de droit. Nous voulons un vrai salaire pour les stagiaires, fixé au minimum au SMIC et bonifié selon nos qualifications. Nous voulons payer des cotisations, pour pouvoir bénéficier dès la formation d’une vraie protection sociale.

Il faut encadrer et protéger les stages, afin d’en finir avec les abus en tous genre. Nous voulons de vrais services de stage dans nos établissements, en capacité de contrôler en permanence la qualité et la pertinence pour nos études de ces périodes de formation et de travail.

Ces propositions représentent quelques exemples concrets, applicables dès demain, d’une vraie politique au service du travail et des étudiant.e.s. Pour la financer, ayons le courage d’en finir avec les gabegies financières, et de taper dans la cagnotte 2016 du CAC40, d’un montant de 76 milliards d’euros !

Depuis la rentrée, les étudiant.e.s communistes mènent cette bataille sur tous les campus, avec l’appel étudiant pour les stages, qui est un point d’appui et un prolongement à la mobilisation contre la Loi Travail.

Pour soutenir la campagne, n’hésitez pas à signer l’appel étudiant pour les stages, qui est maintenant en ligne sur change.org !