Edito : Un nouveau monde pour répéter l’ancien

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Ce week-end a été le temps de deux moments de démocratie interne dans deux partis politiques, et l’occasion de constater deux méthodes radicalement différente. L’occasion finalement d’observer les différences entre un mouvement et un parti.

Depuis la victoire de Macron à l’élection présidentielle, le marchepied “La République En Marche” qui lui a également assuré, sur son nom, la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, commençait à s’essouffler.

En cause l’absence de structuration et de démocratie interne dans le parti présidentiel. Une fois la bataille électorale remportée, il s’agit de savoir où marcher… C’est donc ce week-end que se sont réunis à Lyon des délégués triés sur le volet à l’occasion du premier congrès du mouvement. Nulle élection pour désigner les délégués au niveau local, les parlementaires, les membres du gouvernement ainsi que des adhérents tirés au sort. Résultat moins de 600 personnes ont fait le déplacement à Lyon.

Il s’agissait en particulier d’élir le délégué général de LREM et c’est Christophe Castaner qui remporte la mise. Unique candidat, l’omniprésent porte parole du gouvernement a été élu à mains levées à l’unanimité moins deux abstentions. Les deux votes contre ayant été transformés en abstention en l’absence de candidat alternatif…  Ce scrutin en forme de plébiscite succédait à une grand messe où se seront succédées les formules creuses dignes de l’exécutif telles que

“Ce n’est pas la politique qui changera notre mouvement mais notre mouvement qui changera la politique”

ou encore

“Il n’y aura pas une ou deux lignes au sein de notre mouvement, mais mille initiatives différentes”.

Derrière ce simulacre de démocratie l’objectif est double : relancer la machine pour mieux vendre l’action gouvernementale de plus en plus discréditée et, par la même, mettre fin aux débats entre les militants. En l’absence de projet, les initiatives des marcheurs sont donc possibles à la seule condition qu’elles ne servent qu’à faire le SAV de la politique de Macron.

Rien de tel pour cela qu’un dirigeant comme Castaner, actuel porte-parole du gouvernement, fidèle lieutenant de Macron, et ministre chargé des relations au parlement… Pour paraphraser le Premier ministre, il a davantage l’allure d’un général que d’un délégué. A l’image de ces 6 premiers mois de quinquennat, il n’est pas question de s’encombrer de la démocratie ni même d’un projet, le culte du chef et les dogmes ultra libéraux.

Un “vote soviétique” a ironisé le député communiste Stéphane Peu :

Drôle de manière de fêter le centenaire de la révolution de 1917. Finalement, la République En Marche s’inscrit dans la plus pure tradition de fonctionnement des partis de droite, bâtis autour et pour un chef. La seule différence étant l’absence de chef intermédiaire et de concurrence, dûe à l’absence d’implantation territoriale.

A l’inverse d’ailleurs, de son côté, le PCF a beau être issu du “vieux monde”, il ne lésine ni sur le respect de ses adhérents, ni sur la démocratie interne, ni sur les ambitions politiques. Ce sont ainsi quelques 900 militants, responsables locaux, réunis ce samedi, qui ont ensemble défini une feuille de route pour préparer leur congrès afin de reconstruire “le grand parti des classes populaires”.