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Édito: Référendums, débat démocratique binaire

De l’appel mardi dernier par Macron à une gouvernance de la zone euro, aux terribles images de la violence des policiers espagnols en Catalogne dimanche, la démocratie et la souveraineté ont été au cœur de l’actualité.

L’indépendantiste comme le fédéraliste, vient finalement réinterroger nos cadres de souveraineté et donc in fine la démocratie. Brandie par absolument toutes les forces politiques, et présentée comme un acquis dans toute l’Europe, la démocratie semble continuer à être une quête pour nombre de citoyens.

Les volontés de dépassement d’un cadre national, où le débat démocratique est sclérosé par des institutions qui ne semblent exister qu’au service des plus aisés est une opportunité historique que les révolutionnaires doivent saisir.

Ils ne sont toutefois pas les seuls à s’en occuper. La résurgence de forces nationalistes en est un signe. La réalité est toutefois trop complexe pour que dans ces mouvements populaires pour le pouvoir, on ne puisse y voir qu’un caractère progressiste ou qu’un caractère réactionnaire.

C’était déjà le cas pour le vote en faveur du Brexit. C’est aujourd’hui le cas pour la Catalogne. C’est finalement le piège du référendum qui enferme le débat démocratique dans une binarité absurde.

La simplification des dynamiques dans un vote unique, a conduit à une polarisation virant au tragique, quand le gouvernement espagnol a choisi la réponse la plus honteuse possible. La violence de l’action des forces de l’ordre ne peut trouver aucune justification dans sa légalité, tant elle apparaît illégitime.

Illégitimes aussi, les institutions européennes apparaissent de plus en plus aux yeux des peuples, tant la démocratie à l’échelle de l’UE semble factice. Les propositions fédéralistes de Macron, s’y heurtent violemment.

L’appel à la commission européenne de la part des catalans empêchés de voter a dû sonner bien bizarrement aux oreilles des grecs dont le vote a été méprisée par cette même institution.

La démocratie est une aspiration légitime à laquelle tous les peuples ont le droit. Sa conquête ne peut être résumé à son cadre géographique. Poser la question de la souveraineté uniquement en terme de territoire c’est oublier qu’un pan entier du pouvoir échappe aujourd’hui à toute décision collective.

Sans abandonner la question de souveraineté territoriale, il est nécessaire de poser celle de la souveraineté économique. En catalogne ce week-end, il a été reproché à une entreprise américaine (Google) de s’être plier à une décision judiciaire espagnole… Il y a quelques mois, la même entreprise se voyait reprocher son refus d’appliquer le droit à l’oubli.

Pourtant c’est tout autant un enjeu démocratique, que le capital soit enfin mis au pas et soumis aux lois déterminées collectivement.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde