Rédaction | Avant Garde
EDITO

Emmanuel Macron, amish 2.0 ?

Emmanuel Macron a profité d’une conférence devant les entrepreneurs de la “French tech” pour moquer les élus ayant déposé un moratoire sur la 5G. Le Président de la République les a comparé à des amishs réfractaires aux nouvelles technologies, voulant retourner à “l’époque de la  lampe à huile”.

Le chef de l’Etat peut bien prétendre être dans le camp du progrès, il n’en n’est pas moins le principal frein aujourd’hui. 

Depuis plus de trois ans maintenant, Emmanuel Macron s’est attelé avec ses ministres à détruire méticuleusement la fonction publique. Santé, éducation, transport, recherche… Pas un seul service n’a été épargné par les politiques austéritaires du gouvernement. 

Où est le progrès, lorsqu’on s’attèle à réduire le budget de la recherche publique ? 

Aux politiques austéritaires s’ajoutent, les politiques libérales de mises en concurrence généralisée notamment l’Education Nationale. Nous pouvons prendre pour exemple la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université. Parcoursup, mis en place depuis maintenant trois ans, a déjà fermé la porte des universités à de nombreux jeunes.  

Combien de futurs chercheurs, de futurs ingénieurs, n’ont pas été sélectionnées par la plateforme cette année ? Combien d’élèves n’ont pas pu suivre une formation de qualité car trop nombreux en classe ? Combien d’étudiants ont échoué dans leurs études car ils étaient obligé de jongler entre un job étudiant et leur formation ? Combien de jeunes perdent plus d’une heure par jour dans les transports en commun à cause du manque d’investissement dans les infrastructures ? 

Tous ces jeunes subissant de plein fouet les politiques libérales du gouvernement sont pourtant celles et ceux qui pourraient participer au progrès de la société. 

A l’austérité dans la fonction publique s’ajoute les politiques de désindustrialisation du pays. Chaque année, des dizaines de milliers d’emplois sont supprimés alors même que ces travailleurs permettent de produire des richesse et de faire avancer le pays. La montée du chômage favorisée par la politique de l’offre de l’exécutif agit directement contre le progrès. 

La responsabilité du gouvernement est réelle. Ce sont les politiques court-termistes et de désinvestissement qui sont responsables de la stagnation pour ne pas dire régression de la société.  

En réalité, la société capitaliste n’est plus force de progrès, au contraire elle le freine. Les logiques de rentabilité, de maximisation du taux de profit, nous conduisent droit dans le mur et agissent contre le progrès.  

Emmanuel Macron peut user de belles rhétoriques autant qu’il le souhaite, ce sont les politiques libérales qu’il a mis en place qui freinent le progrès.  

Si en effet, le chef de l’Etat “ ne croit pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine”, il faudrait donc qu’il commence par arrêter de démanteler le service public et s’engage réellement dans la lutte contre le réchauffement climatique.